Réunion ouverte POI


Réunion du CNRR local d'Antibes/Valbonne
Régulièrement à 12h15 à Garbejaire Valbonne
Réunion du POI 06 sur la situation politique et sociale
Prochaines réunions : Nous contacter poiam@orange.fr

dimanche 16 janvier 2011

Communiqué de l'Entente Internationale des Travailleurs et des Peuples sur la Tunisie

L’Entente internationale des travailleurs et des peuples condamne la répression contre la jeunesse, les travailleurs et le peuple tunisien qui se soulèvent contre l’oppression, la cherté de la vie et la corruption.
Elle adresse son soutien aux travailleurs, à la jeunesse et au peuple de Tunisie et à leurs organisations, particulièrement l’UGTT, qui encadre la mobilisation.
Elle appelle les organisations du mouvement ouvrier dans le monde entier à exprimer leur solidarité avec les travailleurs, la jeunesse et le peuple tunisien, et à exiger l’arrêt de la répression brutale.
Le régime corrompu et sanglant du dictateur Ben Ali, soutenu par l’Union Européenne et le FMI, a appliqué à la lettre leurs plans et injonctions dans le cadre de l’association avec l’Union européenne, devant aboutir en 2011 à faire de la Tunisie une zone franche.
Plongée dans la misère, sans aucune perspective, la jeunesse et la classe ouvrière de Tunisie, se réappropriant leurs syndicats se soulèvent dans tout le pays pour défendre leur droit d’exister.
Depuis plusieurs jours, des militants syndicalistes locaux de l’UGTT sont morts sous les balles de la répression policière. Hommes et femmes unis, travailleurs, jeunes, avocats, artistes, universitaires : des centaines sont blessés, ont été tabassés, jetés en prison.
Spontanément, dans des dizaines de villes, la population s’est rendue au siège local de l’UGTT pour exprimer son opposition à Ben Ali. Pour la première fois depuis 25 ans, on entend en Tunisie dans les manifestations : « dehors Ben Ali ! ».
La répression policière fait rage. A Kasserine, à Thala, on compte les morts par dizaines. Des snipers de la police sèment la panique dans les manifestations.
A Tunis, des syndicalistes ont tente mardi de sortir en manifestation en partant du local central de l'UGTT. Ils ont été refoulés aussitôt par des jets de bombes lacrymogènes.
Dimanche 9 janvier, l'union locale de l'UGTT à Sfax à lancé un mot d’ordre de grève générale régionale, qui a l’exception des hôpitaux, ou les blessés sont nombreux et des boulangeries, été suivie à 100%. A Sfax, 30.000 travailleurs et jeunes ont manifesté. A Jendouba mercredi, ils étaient 12 000 en manifestation dans une ville de 30 000 habitants.
La mobilisation est présente dans tout le pays jusque dans la banlieue de Tunis. Dans plusieurs villes les forces de l’ordre ont été obligées de se replier ou de se retirer, face à l’acharnement de la population. Le couvre-feu instauré dans le grand Tunis a été ridiculisé par les émeutes.
Dans le sud du pays, notamment à Kasserine, par centaines ce mercredi, des manifestants se sont appropriés des cars de la société régionale pour se rendre à Thala afin de casser le couvre feu qui dure 22/24heures. Là encore, la police s’est retirée.
La chaîne de télévision nationale, porte parole de la propagande du général Ben Ali a filmé des scènes de pillage, mise en scène policière, pour légitimer la répression.
Ces groupes infiltrés se sont dissous dans les manifestants pour s’attaquer aux biens. Toujours à Thala et à Kasserine comme à sidi Bouzid, les jeunes se sont constitués en Comités de quartiers pour se défendre et expulser les provocateurs.
La semaine dernière, à plusieurs reprises des éléments de l’armée ont brandi leurs armes face aux Brigades d’Ordre Public après que des citoyens se soient refugiés derrière eux. Mouvement qui vient de provoquer le limogeage de l’état major de l’armée de terre.
A l’heure où nous écrivons ces lignes, des affrontements très violents opposent la police et l’armée à des dizaines de milliers de manifestants à Nabeul, Tunis, Sfax…
L’Entente internationale des travailleurs et des peuples en appelle aux
organisations ouvrières de tous les pays, afin d’exprimer leur solidarité avec les
travailleurs de Tunisie et avec l’UGTT.
· Arrêt immédiat de la répression contre les travailleurs, le peuple et la
jeunesse de Tunisie ;
· Respect des libertés démocratiques en Tunisie ;
· Satisfaction des revendications sociales et politiques ;
· Levée immédiate du blocus du local central de l’UGTT à Tunis !
Alger – Paris, le 13 janvier 2011, 16h10.
Louisa HANOUNE, secrétaire générale du Parti des travailleurs d’Algérie
Daniel GLUCKSTEIN, secrétaire national du Parti ouvrier indépendant (POI)
Coordinateurs de l’Entente internationale des travailleurs et des peuples.

Communiqué du POI sur la Tunisie

Gouvernement français, Union européenne, administration américaine…
BAS LES PATTES DEVANT LA TUNISIE !
C’EST AU PEUPLE TUNISIEN ET À LUI SEUL DE DÉCIDER DE SON AVENIR !
Ben Ali a fui. C’est l’inquiétude dans tous les cercles dirigeants mondiaux. Depuis des semaines, la jeunesse, les travailleurs avec leurs organisations, dont l’UGTT, la population dans son ensemble se sont dressés pour en finir avec ce régime.
Des dizaines de morts, des milliers de blessés, des milliers d’arrestations pour avoir simplement exigé « De l’eau, du pain, pas Ben Ali ! ».
Le peuple tunisien voulait en finir avec ce régime dictatorial soutenu par toutes les grandes puissances parce qu’il applique fidèlement toutes les exigences de l’Union européenne et du Fondsmonétaire international.
Mais la mobilisation du peuple a abouti à la chute de Ben Ali.
Immédiatement, les mêmes gouvernements de l’Union européenne et des Etats-Unis qui le
soutenaient hier se félicitent du processus annoncé de « transition constitutionnelle » qui voit les généraux décréter le couvre-feu, le Premier ministre de Ben Ali devenir président par intérim et
les partis d’opposition conviés à le rencontrer pour lamise en oeuvre de cette « transition ».
Pour le Parti ouvrier indépendant (membre de l’Entente internationale des travailleurs et des peuples, qui a tenu en novembre 2010 une conférence mondiale à Alger « contre la guerre et l’exploitation », coorganisée avec le Parti des travailleurs d’Algérie et l’UGTA), c’est au peuple et seulement
à lui de décider de son avenir, et non au gouvernement français, à l’Union européenne,
aux Etats-Unis ou au FMI, eux qui cherchent encore aujourd’hui à préserver ce régime.
C’est à la jeunesse sacrifiée, c’est aux travailleurs avec leurs organisations, dont l’UGTT, de définir l’avenir, à l’inverse de ce qu’on leur imposait jusqu’alors
au compte des multinationales.
C’est au peuple tunisien dans son ensemble de décider de son avenir, ce qui lui a été refusé jusqu’à présent au nomde la soumission aux plans de l’Union européenne et du FMI.
Et certainement pas à ces gouvernements—comme le gouvernement français—qui, pendant
vingt-trois ans, ont soutenu ce régime, et qui, à travers l’accord d’association avec l’Union européenne et les plans du FMI, ont pillé le pays, écrasé économiquement et socialement la jeunesse et les travailleurs, tout en alimentant la corruption du régime.
Ce ne sont pas ceux-là, gouvernement français, Union européenne, Etats-Unis, qui peuvent décider, comme ils l’ont déjà fait dans d’autres pays—comme en Côte-d’Ivoire, par exemple, où, au nom de la « transition », on impose des accords entre fractions du régime et opposition, avec pour résultat de conduire la Côte-d’Ivoire au bord de l’explosion et de la guerre.
La seule voie pour la démocratie, c’est de respecter la souveraineté du peuple tunisien et de la nation tunisienne.
Gouvernement Sarkozy,Union européenne, bas les pattes devant la Tunisie !
Les travailleurs de France et leurs organisations, à l’inverse, doivent être aux côtés de la jeunesse, des travailleurs avec leurs organisations, dont l’UGTT, du peuple tunisien.
La mobilisation du peuple tunisien doit rappeler à tous les puissants de ce monde qu’il faut craindre la révolte des peuples.
Les secrétaires nationaux du Parti ouvrier indépendant

samedi 18 décembre 2010

Appel de la conférence nationale pour l'unité ouvrière

Nous, 330 délégués, venus de 55 départements, nous avons repris à notre compte la proposition faite par le Parti ouvrier indépendant. Nous nous sommes réunis ce 11 décembre en « Conférence nationale de délégués pour l’unité ouvrière pour arrêter le bras destructeur du gouvernement ».

Au moment où Fillon annonce, au nom du gouvernement français, un plan de contre-réformes digne des programmes d’austérité annoncés dans toute l’Europe ; au moment où s’impose la nécessité de dresser toutes les forces de la classe ouvrière et de la jeunesse face à cette politique, nous faisons le constat suivant :
• A plus de huit reprises, en septembre et octobre, et par millions, les travailleurs de tout le pays se sont mis en grève et ont manifesté pour le retrait de la contreréforme des retraites.
• Cette mobilisation d’une ampleur considérable a été au bord de faire basculer le pays dans une grève jusqu’au retrait. Si elle n’a pas abouti, c’est d’abord en raison du refus de la direction de l’intersyndicale — appuyée par les partis de gauche — de reprendre le mot d’ordre du retrait et d’appeler à la grève jusqu’au retrait.
• Si le gouvernement est parvenu à imposer sa contre-réforme, nous, travailleurs, militants et responsables syndicaux et jeunes avons fait la démonstration de notre capacité de combat et de notre volonté de résistance et de mobilisation, nous refusons de renoncer.

Nous savons que la contre-réforme des retraites constitue le premier acte d’un plan de rigueur et de contre-réformes sans précédent que le gouvernement Sarkozy veut imposer au peuple au nom des déficits publics.
Nous affirmons : pas question d’accepter le chantage à l’inéluctable « nécessité » de la réduction des déficits publics, chantage orchestré par le FMI et l’Union européenne au nom d’un prétendu « intérêt » général.
Pas question d’accepter les plans d’une violence inouïe qui frappent de plein fouet l’Irlande, le Portugal, la Grèce... et nous menacent tous. Rien ne doit être sacrifié aux exigences du paiement de la dette, qui n’a qu’une origine : le renflouement des patrons, banquiers, capitalistes et spéculateurs, et qui n’a qu’une fonction : garantir au capital financier des profits gigantesques, au prix d’une exploitation débridée des travailleurs, du démantèlement de tous les services publics, abandonnant des territoires entiers au chaos.
Nous refusons de nous plier à la « nécessaire réduction des déficits publics », prônée par le communiqué de l’intersyndicale du 29 novembre correspondant aux souhaits du Premier ministre Fillon, qui représente le franchissement d’un pas dans la voie du « consensus » pour accompagner les contre-réformes et les plans de rigueur.

Nous affirmons : mettre le doigt dans l’engrenage d’un consensus sur la base de la « nécessaire réduction des déficits publics » qui commande le démantèlement immédiat de la Sécurité sociale, des hôpitaux, de tout le système scolaire, des services de l’Equipement… est un piège mortel pour la classe ouvrière et ses organisations.
Nous prenons l’engagement — partout, dans les villes, les départements, dans les secteurs professionnels— d’organiser la liaison politique permanente entre militants de toutes affiliations syndicales et politiques pour faire triompher l’unité pour dire : « Non au chantage de la dette, non au consensus pour la “nécessaire réduction des déficits publics”, unité pour le rejet des contre-réformes et des plans de rigueur ».
Une unité qui ne peut se fonder que sur l’affirmation d’une indépendance totale à l’égard des diktats de l’Union européenne et du FMI. Cela exige l’indépendance des organisations de classe, ce qui suppose que soit abrogée la loi du 20 août 2008 de destruction des organisations syndicales. Nous affirmons : pas une conquête, pas un acquis, pas un droit ouvrier, pas un emploi ne peut et ne doit être sacrifié à la prétendue « réduction des déficits publics ». Il est hors de question de renoncer à l’exigence d’abrogation de la loi sur les retraites dont les premiers décrets d’application viennent de tomber.

De grands combats sont devant nous. Nous décidons de nous organiser dans nos villes, nos quartiers, nos secteurs professionnels pour faire triompher, à chaque occasion qui nous sera donnée, l’unité pour la défense, la résistance et la reconquête de tous les droits. Et cela, sans la moindre concession au consensus que l’Union européenne, le Fonds monétaire international et le gouvernement exigent des organisations qui se revendiquent de la classe ouvrière et de la démocratie.
A l’issue de notre discussion et de la lecture des mandats qui ont été portés à notre connaissance, nous décidons de constituer, à partir de la tribune de cette conférence, un « comité de liaison » chargé de poursuivre, de manière organisée, l’échange que nous avons commencé et de resserrer les liens entre nous.

11 décembre 2010 à Issy-les-Moulineaux

samedi 4 décembre 2010

Compte rendu de la conférence départementale pour l'unité ouvrière

Compte rendu de la conférence qui s'est tenue le 26 novembre 2010 dans les Alpes Maritimes.

Depuis un mois, par petits groupes, plusieurs dizaines de salariés se sont réunis autour d’Informations Ouvrières, à Nice et à Sophia-Antipolis, pour préparer la conférence nationale du 11 décembre.
Une conférence départementale a eu lieu le 26 novembre, qui a rassemblé 21 salariés et syndicalistes du privé et du public : Amadeus, Association Départementale de Sauvegarde de l’Enfance et de l’Adolescence, CNRS, Education Nationale, Faceo, France 3 Côte d’Azur, France Telecom, Hôpital, IME Henri Matisse, Schneider, Sopra, Thalès Alenia Space, Visteon.
Une large discussion s’est engagée. Nous en reproduisons ici quelques extraits :
- Dans l’enseignement, on a eu l’expérience de 2003. On avait fait 6 semaines de grève et la CFDT nous a lâché. Elle a signé la réforme avec le gouvernement. Aujourd’hui, c’est la CFDT qui oriente les positions de l’intersyndicale nationale. Pourquoi la direction de la CGT a-t-elle accepté de suivre la CFDT pour dire : pas d’appel national à la grève interprofessionnelle pour le retrait du projet de loi, pas d’appel au blocage économique du pays ? Chérèque se félicite de l’amendement du Sénat pour la retraite par points, c’est-à-dire un nouvel effondrement du niveau des pensions et la fin du Code des pensions civiles et militaires. En haut, ils ne veulent pas aller jusqu’au bout. Alors, comment peut-on faire ?
- Il y a un accord CGT-CFDT depuis leur position commune avec le MEDEF sur la représentativité syndicale. Fillon vient à nouveau de saluer la loi du 20 août 2008 sur la représentativité comme « la clé d’un nouveau réformisme social ». Je suis dans la métallurgie. Il y a plus de 2000 salariés à Cannes et nous sommes la première organisation syndicale avec 35% des voix. Mais comme on fait seulement 8% au niveau national, ils ont réussi à nous écarter. Sur la question des retraites, il y a eu le problème des journées d’action saute-mouton. On aurait du partir plusieurs jours d’affilé jusqu’au retrait.
- les médias jouent un rôle important. Je ne faisais pas de politique avant et je me suis laissée embarquer dans le vote pour le Traité de Maastricht . Ensuite, on a voté NON mais ils ont quand même fait ce qu’ils avaient décidé. Il y a un problème de démocratie. Depuis que je lis IO, je comprends les choses. Ce n’est pas pour faire de la pub, mais aucun autre journal ne nous explique cela. Les personnes qui ne sont pas averties n’ont pas le même regard, elles subissent la pression des médias. Je suis syndicaliste, mais quand j’ai vu Thibault et Chérèque dire qu’on n’avait pas gagné sur la revendication, mais qu’on avait gagné la bataille des idées, c’était la douche froide.
- C’est facile de dire que c’est la faute de la CFDT ou des dirigeants. Il y a un problème plus profond car beaucoup de gens n’étaient pas là. Il faut oublier les appareils.
- Je ne suis pas d’accord. Tout a été fait pour démobiliser. Pourtant, les salariés étaient présents par millions. Pourquoi Bernard Thibault n’a-t-il pas appelé à la grève pour le retrait, pour bloquer le pays ? Je ne sais pas. Je ne suis pas psychologue d’entreprise ou de syndicat. Mais les faits sont là. On ne peut pas oublier. Il faut des solutions pour résoudre ces problèmes.
- En 1995, on était 2 millions et on a fait reculer Juppé. Le 12 octobre, on était 3,5 millions et pourtant le gouvernement a maintenu son projet. On n’est pas passé loin d’un mouvement beaucoup plus important. Qu’est-ce qui a manqué ? En 1995, il y avait la poigné de main entre Vianet (CGT) et Blondel (FO) et des millions pour le retrait du plan gouvernemental. Aujourd’hui, il y a un accord entre Thibault et Chérèque.
- Dans mon entreprise, les collègues disaient : quand on nous appelle à la grève, on répond présent. Aujourd’hui, on est encore en grève et on est des millions. Alors qu’est-ce qu’ils font en haut ? Ils attendent quoi pour appeler à la grève générale ?
- Le 23 novembre, l’intersyndicale départementale a appelé à un rassemblement « Retraite aux flambeaux » avec lampions etc … Ils étaient 300 et le secrétaire départemental du syndicat a dit : « la faute repose sur celles et ceux qui n’ont participé à aucune action de résistance ». Je ne suis pas d’accord avec ça. Il y a eu une mobilisation énorme. Ils veulent éviter les questions embarrassantes : pourquoi ne pas avoir appelé à la grève générale, au retrait, au blocage économique du pays ?
- Plusieurs syndicats du département se sont battus pour le retrait. Et sous la pression de la masse, à un moment donné, ils ont du accepter de dire retrait. Au soir du 12 octobre, Aubry a du dire : retrait. Et le lendemain, elle s’est rétractée. Le 13 octobre, l’UD CGT appelait au retrait du projet de loi. Et le surlendemain, le mot d’ordre du retrait disparaissait à nouveau. La masse qui a déferlé le 12 octobre a fait bouger les lignes. Mais on est confronté à un problème. En haut, ils ne veulent pas du retrait. A partir de là, ils ne se donnent pas les moyens de gagner. Ca ne veut pas dire qu’on ne peut pas y arriver. Il faut être plus nombreux à nous battre pour définir clairement nos revendications, pour le respect de la démocratie dans nos organisations, pour le respect du mandat qui est confié par la base. Il faut que les salariés qui sont en grève, syndiqués ou non, puissent diriger leur mouvement pour éviter que ce soit Chérèque qui mène la barque.
- Chérèque dit : l’épilogue se jouera en 2012. Non, 2012 ne va rien régler. Le PS est pour l’allongement de la durée de cotisation. Bianco dit : il y aura du sang et des larmes. Et aucun député de l’opposition n’a déposé d’amendement pour exiger le retrait de la loi.
- Il faut faire un bilan pour répondre concrètement à la question : qu’est-ce qu’on fait maintenant ? Informations Ouvrières est un outil indispensable. Le journal a aidé des milliers de lecteurs à comprendre, à agir, à argumenter, à écrire aussi. Un camarade a évoqué la motion de sa Fédération syndicale. Quand un syndicat réunit ses syndiqués, quand il sort un communiqué qui est diffusé aux salariés et qui dit : « malgré l’immense mobilisation, le gouvernement a fait voté la loi et prévoit une nouvelle réforme pour imposer la retraite par point. Nous exigeons l’abrogation de la loi Woerth/Fillon/Sarkozy et nous refusons la retraite par point qui signifierait la fin de nos régimes et un effondrement des pensions », c’est quelque chose de très important. Lors de son discours d’investiture à l’Assemblée Nationale, Fillon a dit : nous allons continuer à réformer, nous allons « fixer les objectifs, le calendrier, la méthode (…) mais c’est aux partenaires sociaux d’en proposer et d’en définir les modalités et les outils », il faut dire clairement : non, nous ne négocierons pas de nouveaux reculs, nous n’acceptons pas de négocier dans le cadre fixé par le patronat, le gouvernement, l’Union Européenne, les marchés financiers. De haut en bas, ceux qui se sont prononcés contre le mot d’ordre de retrait du projet de loi refusent aujourd’hui de réclamer l’abrogation de la loi. C’est ça le problème. Si on veut préparer les conditions pour gagner, il faut s’expliquer et dire dès maintenant : abrogation de la loi Woerth et refus de la retraite par points !
- On ne pourra pas régler les problèmes au niveau local. Le POI a proposé une conférence nationale le 11 décembre, qui sera une conférence politique pour essayer d’apporter des réponses concrètes aux problèmes que nous discutons ici.
Un premier délégué est désigné, 214 euros sont collectés et 3 IO vendus.

samedi 20 novembre 2010

Communiqué du POI National

Quelques jours après l’adoption de la loi de réforme territoriale dont l’objectif est d’en finir avec les communes , les départements et la République une, indivisible et laïque, Gérard Schivardi (maire de Mailhac) et Daniel Gluckstein secrétaires nationaux du POI tiendront, à l’occasion du congrès de l’Association des Maires de France, une conférence de presse :

mardi 23 novembre à 10h45 à la Brasserie
«  le Dupont-Versailles », 286 rue Vaugirard
( en face du Palais des congrès de la porte de Versailles)

Ils seront entourés de maires et d’adjoints qui refusent la disparition des communes et des services publics organisée par le gouvernement.

Paris, le 18 novembre 2010

mercredi 27 octobre 2010

Ils ont osé la réquisition !

De bout en bout, la Ve République est un régime réactionnaire antidémocratique. A quelques jours d’intervalle, le gouvernement réquisitionne les grévistes des dépôts d’essence, menace de réquisition les éboueurs en grève, et fait voter par un Parlement aux ordres une contre-réforme qui dresse contre elle l’immense majorité de la population !
La réquisition est une atteinte majeure au droit de grève, une déclaration de guerre contre la classe ouvrière dans son ensemble et contre la démocratie.
Il faut remonter à 1963, lorsque de Gaulle décréta la réquisition des mineurs, pour trouver un précédent. A l’époque, notre journal dénonçait cette tentative de « porter un coup décisif au mouvement ouvrier » visant à faciliter « le processus d’intégration des syndicats dans l’Etat » et concluait que « la grève générale (est la — NDR) seule riposte valable à la réquisition si les dirigeants entendent résister » (1).
Aujourd’hui encore, tout est là : « si les dirigeants entendent résister »…
Reprenons le calendrier. 19 octobre : pour la sixième fois, des millions de travailleurs en grève et en manifestation exigent le retrait de la contre-réforme Sarkozy-Fillon-Woerth. A la SNCF, dans de nombreux secteurs du public comme du privé, la grève est reconduite par les assemblées générales, souvent depuis le 12 octobre. Autour des raffineries et des dépôts d’essence, comme parmi les travailleurs territoriaux, notamment ceux du nettoiement (à Marseille et dans d’autres villes), s’exprime un mouvement vers le blocage du pays, pour contraindre une fois pour toutes le gouvernement à reculer. Deux jours plus tard, le 21 octobre, l’intersyndicale (CFDT, CFE/CGC, CFTC, CGT, FSU, UNSA) se réunit. Son communiqué ignore l’exigence du retrait et de la grève pour le retrait. Il prétend que « des millions de salariés affirment vouloir une autre réforme des retraites » et s’engage à « veiller au respect des biens ». Dans les 48 heures qui suivent, les réquisitions commencent, suivies de l’adoption de la contre-réforme à l’Assemblée nationale et au Sénat.
Chérèque déclare alors qu’« une loi est toujours perfectible » et annonce l’ouverture de négociations avec le Medef dans le cadre de l’application de la contre-réforme. De son côté, Bernard Thibault affirme que le mouvement contre la réforme des retraites « continuerait » en prenant « d’autres formes ».
Quant au Parti socialiste… n’a-t-on pas entendu certains de ses élus menacer eux aussi de réquisition les éboueurs en grève ? Il est vrai que le 20 octobre, le Parlement européen adoptait des recommandations visant à la mise en place des fonds de pension, de la santé en ligne, des partenariats public-privé et du respect des disciplines budgétaires, dans une résolution basée sur un rapport présenté par la députée du PS français, Pervenche Berès.
C’est bien dans cette subordination aux institutions anti ouvrières de la Ve République et de l’Union européenne que s’enracinent les barrages auxquels se heurte la lutte de classe acharnée des travailleurs et militants unis contre la réforme Sarkozy-Fillon-Woerth. C’est bien là, dans ces barrages, que le gouvernement prétend puiser les forces qui lui permettront de jouer le pourrissement.
Il n’en reste pas moins que la classe ouvrière se bat. Bloquer la contre-réforme Sarkozy-Fillon-Woerth, bloquer toutes les contre-réformes constitue plus que jamais l’ordre du jour ouvrier. Ces questions sont au centre de la préparation de la conférence du 11 décembre.

(1) Informations ouvrières nos 146 et 147, 9 et 16 mars 1963.

jeudi 14 octobre 2010

Edito Informations Ouvrières Mercredi 13 Octobre 2010

Il y avait eu le 15 puis le 24 juin. Plus près de nous, le 7 et le 23 septembre. Puis les manifestations du 2 octobre. Ce 12 octobre, pour la sixième fois en quelques mois, des millions et des millions de travailleurs et de jeunes ont fait grève et ont manifesté. Quelles que soient les estimations des uns et des autres, tous s’accordent à dire que ce 12 octobre a été plus massif, plus puissant que toutes les manifestations précédentes.
Plus nombreux étaient les manifestants à crier « ni amendable, ni négociable, retrait ». Plus nombreux à affirmer la nécessité de la grève jusqu’au retrait, sous toutes les formulations possibles. Plus nombreux, plus déterminés, sans outrance… Une masse tranquille, sereine, sure de son bon droit. Déterminée à obtenir le retrait de la contre-réforme, sans céder au chantage sur « les déficits publics », les sacro saints critères de Maastricht, et le chantage des agences de notation et des grands groupes capitalistes. Une masse unie, où jeunes et moins jeunes exigent d’une seule voix que l’on reconnaisse aux plus anciens le droit à la retraite pour permettre aux plus jeunes d’accéder à un vrai travail, à un vrai salaire. Une masse unie, déterminée affirmant ses exigences sur le terrain de la lutte de classe.
A l’heure où nous bouclons ce journal, au soir du 12 octobre, la grève semble largement reconduite dans les dépôts SNCF et dans un certain nombre d’entreprises et de secteurs du public et du privé. Il est toutefois trop tôt pour mesurer jusqu’à quel point les assemblées générales seront amenées dans les prochaines heures et les prochains jours à décider ou non de la reconduction de la grève.
Une chose est sure : il y a quelques jours, Bernard Thibault invitait à débattre du mot d’ordre de reconduction «au cas par cas, entreprise par entreprise». Aujourd’hui, la réponse est là : en bas, dans les assemblées générales, les travailleurs ont répondu, et leur présence massive, tranquille et déterminée dans la grève et les manifestations du 12 octobre indique à qui en douterait que rien n’est réglé.
En bas, dans la rue, dans les grèves, dans les manifestations, les travailleurs unis avec leurs syndicats ont répondu. Ils sont fondés à se tourner à présent vers le sommet des organisations : alors que la résistance du gouvernement ne laisse d’autre choix que la grève jusqu’au retrait, que répondent les dirigeants ? C’est ce que formulent nombre d’assemblées générales ce soir qui dans le même temps où elles se prononcent sur la reconduction s’adressent vers les directions des confédérations pour leur dire : « il vous revient de vous prononcer tout de suite et toutes pour le retrait de la contre-réforme et de prendre vos responsabilités dans l’organisation de la grève interprofessionnelle qui l’imposera. Pour notre part, nous sommes prêts, nous sommes d’ores et déjà engagés ».