Réunion ouverte POI


Réunion du CNRR local d'Antibes/Valbonne
Régulièrement à 12h15 à Garbejaire Valbonne
Réunion du POI 06 sur la situation politique et sociale
Prochaines réunions : Nous contacter poiam@orange.fr
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jeudi 29 août 2013

Retraites, Sécurité sociale, ces contre-réformes doivent être retirées !

25 août.
L’Union européenne exige : « La France a engagé des réformes structurelles qui vont dans le bon sens. Mais elle ne va pas assez vite dans leur mise en œuvre (…). La France doit faire preuve de plus d’audace dans la réforme en cours de son système de retraite. » Et de demander d’accroître « la compétitivité » (Olli Rehn, vice-président de la Commission européenne, Le Journal du dimanche, 25 août).

26 août.
Au sortir de sa rencontre avec Jean-Marc Ayrault, le président du Medef, Pierre Gattaz, se félicite : « Il y a une ouverture qui nous a été faite, intéressante, c’est la baisse du coût du travail. » Il s’agirait de baisser les cotisations sociales patronales de la branche famille.

27 août.
Après avoir rencontré durant deux jours les représentants des organisations syndicales et patronales, Ayrault annonce qu’il « faudra travailler plus longtemps ». Dans le prolongement de la loi Fillon, la durée de cotisation pour une retraite à taux plein serait graduellement portée à 43 ans. Ayrault lui-même reconnaît que cet allongement « conduira à un recul de l’âge effectif de départ à la retraite (…), c’est en cela que cette mesure est une réforme structurelle majeure ».

Les retraités ne seront pas épargnés ! Fiscalisation des bonifications pour 3 enfants, décalage de 6 mois de l’indexation des pensions !

Avec l’introduction d’un « compte personnel de prévention de la pénibilité », une brèche dans le système des retraites par répartition est ouverte, pour introduire un système dit « notionnel » d’individualisation, remettant en cause la solidarité entre les actifs et les retraités.
 
 
Le 5 septembre,
le gouvernement annoncera l’intégralité de sa réforme des retraites. Elle sera présentée au Conseil des ministres le 18 septembre et à l’Assemblée nationale début octobre.
La réforme annoncée des retraites et les attaques contre la Sécurité sociale s’inscrivent dans le cadre de l’application du TSCG que François Hollande a fait ratifier, comme les quarante lois votées et promulguées par son gouvernement. Elles n’ont qu’une source : la défense des intérêts de la classe capitaliste.
Elles n’appellent qu’une réponse du mouvement ouvrier : ces contre-réformes doivent être retirées, l’unité doit se réaliser pour bloquer cette politique anti-ouvrière.
 
Informez-vous : dans Informations ouvrières cette semaine, un dossier détaillant tous les aspects de la réforme Ayrault des retraites.
 

samedi 25 mai 2013

Communiqué du POI 06 suite au congrès départemental

Unité pour le retrait

du projet de réforme des retraites !

 
Aux ordres de l’Union Européenne, le président HOLLANDE et le gouvernement viennent d’annoncer une nouvelle réforme des retraites.
Toutes les mesures envisagées visent à ponctionner 20 milliards sur les retraites d’ici 2020 :

• nouvel allongement de la durée de cotisation,
 
• augmentation de la CSG, notamment pour les retraités,
 
• désindexation des pensions,
 
• remise en cause des avantages familiaux, des régimes spéciaux et des régimes de la fonction publique,
 
...
 
 
Lors de sa conférence de presse du 16 mai, le président HOLLANDE a déclaré que la réforme doit se faire
 

« dans le dialogue et la concertation ».

Pour notre part, nous disons : « le dialogue et la concertation » ne peuvent et ne doivent pas servir à négocier la remise en cause des droits et des garanties collectives !

 
Assez d’austérité et de reculs sociaux !
UNITÉ POUR LE RETRAIT DU PROJET DE RÉFORME DES RETRAITES !


RÉUNION PUBLIQUE LE VENDREDI 14 JUIN À 19H


Au Foyer des Jeunes Travailleurs de Garbejaire à Sophia-Antipolis, en face de la Poste

» après la publication du rapport de la « commission pour l’avenir des retraites », qui doit fixer les axes de la réforme,
 

» avant la conférence sociale des 20 et 21 juin, qui lancera le dialogue social et la concertation.



 

Questions à un syndicaliste sur la nouvelle réforme des retraites

Questions à Stéphane Jouteux, syndicaliste (informatique des compagnies aériennes, Sophia-Antipolis)
Tu as signé l’appel pour l’unité pour le retrait du projet de réforme des retraites. Pourquoi ?
Je ne veux pas d’une nouvelle régression de mes droits à la retraite. En 1993, je pensais partir à 62 ans et demi.
Aujourd’hui, j’en suis rendu à 66 ans et demi et si le gouvernement allonge la durée de cotisation à 44 ans comme je peux le lire ici ou là dans la presse, je devrai prolonger mon activité professionnelle jusqu’à 69 ans. En ce qui me concerne et comme beaucoup de gens autour de moi, c’est non.

Un gouvernement de gauche appelle au dialogue et à la concertation avec les organisations syndicales.
C’est plutôt une bonne chose. Pourquoi appeler au retrait de la réforme plutôt que négocier ?
Comme syndicaliste, je ne m’occupe pas de la couleur politique du gouvernement. Avec ce gouvernement, on a vu où a mené le dialogue social avec une loi qui casse des pans entiers du Code du Travail comme jamais cela n’était arrivé depuis 1945. Sur les retraites, j’ai toujours entendu les gouvernements nous dire : il y aura le dialogue social et la concertation. Dans ce cadre, chacun peut faire ses propositions et les soumettre au débat : où faut-il mettre le curseur de l’âge de départ et de la durée de cotisation, faut-il augmenter la CSG et de combien, ... On peut même avoir des positions plus radicales et demander le retour aux 37,5 annuités de cotisations. Tout est permis y compris les manifestations et les grèves, à partir du moment où on se situe dans le cadre du dialogue social et de la concertation.
Et on sait comment ca finit : dans la multitude des propositions, il faut faire des choix et la réforme passe parce que, in fine, l’objectif est de ponctionner 20 milliards sur les retraites. La seule chose qu’il ne faut surtout pas dire
- c’est un peu comme un gros mot - c’est le retrait de la réforme et la grève nationale interprofessionnelle comme moyen d’action. Justement, parce que c’est le seul moyen de rassembler les salariés pour faire reculer le gouvernement.

Un responsable confédéral de la CGT a récemment déclaré qu’il ne fallait pas se laisser enfermer dans la stigmatisation du refus, mais développer la mobilisation à partir de propositions pour une autre réforme des retraites.
Il faut dire les choses clairement : on veut nous refaire le coup de 2010 avec une autre réforme et la reconstruction de l’unité avec la CFDT. Mais beaucoup, notamment parmi mes collègues qui se sont mobilisés en 2010, savent que cela nous a mené à l’échec. Pour nous, il n’est pas question de recommencer.
Pourtant, un sondage récent dit que les salariés veulent l’unité.
Bien sur qu’il faut l’unité, mais l’unité sur quelles bases ? La CFDT revendique ouvertement l’augmentation de la CSG et le basculement du financement de la protection sociale des cotisations vers l’impôt. Elle vient de signer l’accord qui désindexe les retraites complémentaires de l’inflation, prenant ainsi la responsabilité d’une nouvelle baisse du montant des pensions et donnant un argument au gouvernement pour désindexer les pensions du régime général. Sur la durée de cotisation, le secrétaire général de la CFDT vient de déclarer «
qu’entre âge de départ et durée de cotisation, le paramètre le plus juste était la durée de cotisation

». Comment voulez-vous faire l’unité sur ces bases ? C’est impossible. Il faut une position claire : sur les retraites comme sur la réforme du Code du Travail, c’est non ! L’unité doit se réaliser pour contraindre le gouvernement à retirer son projet.
Comment régler de déficit des régimes alors ?
Selon les chiffres officiels de la caisse nationale des URSSAF (1), les patrons bénéficient chaque année de 20 à 30 milliards d’exonérations de cotisations sociales, en vertu des dispositifs multiples votés par les gouvernements de droite comme de gauche depuis 1991. Que les employeurs paient ce qu’ils doivent à la Sécurité Sociale et il n’y aura plus de déficit.
Pourquoi personne n’en parle si c’est si simple ?
Parce que sous la pression du chantage à l’emploi, il y a un consensus pour maintenir ces exonérations. La seule réforme qui soit envisageable par le gouvernement et par l’Union Européenne consiste à prélever 20 milliards sur les retraites par une remise en cause des droits des salariés. Dans ce cadre, il n’y a rien à négocier. Il faut dire non.

(1) http://www.acoss.fr/index.php?option=content&task=blogcategory&id=140&Itemid=5509

samedi 18 décembre 2010

Appel de la conférence nationale pour l'unité ouvrière

Nous, 330 délégués, venus de 55 départements, nous avons repris à notre compte la proposition faite par le Parti ouvrier indépendant. Nous nous sommes réunis ce 11 décembre en « Conférence nationale de délégués pour l’unité ouvrière pour arrêter le bras destructeur du gouvernement ».

Au moment où Fillon annonce, au nom du gouvernement français, un plan de contre-réformes digne des programmes d’austérité annoncés dans toute l’Europe ; au moment où s’impose la nécessité de dresser toutes les forces de la classe ouvrière et de la jeunesse face à cette politique, nous faisons le constat suivant :
• A plus de huit reprises, en septembre et octobre, et par millions, les travailleurs de tout le pays se sont mis en grève et ont manifesté pour le retrait de la contreréforme des retraites.
• Cette mobilisation d’une ampleur considérable a été au bord de faire basculer le pays dans une grève jusqu’au retrait. Si elle n’a pas abouti, c’est d’abord en raison du refus de la direction de l’intersyndicale — appuyée par les partis de gauche — de reprendre le mot d’ordre du retrait et d’appeler à la grève jusqu’au retrait.
• Si le gouvernement est parvenu à imposer sa contre-réforme, nous, travailleurs, militants et responsables syndicaux et jeunes avons fait la démonstration de notre capacité de combat et de notre volonté de résistance et de mobilisation, nous refusons de renoncer.

Nous savons que la contre-réforme des retraites constitue le premier acte d’un plan de rigueur et de contre-réformes sans précédent que le gouvernement Sarkozy veut imposer au peuple au nom des déficits publics.
Nous affirmons : pas question d’accepter le chantage à l’inéluctable « nécessité » de la réduction des déficits publics, chantage orchestré par le FMI et l’Union européenne au nom d’un prétendu « intérêt » général.
Pas question d’accepter les plans d’une violence inouïe qui frappent de plein fouet l’Irlande, le Portugal, la Grèce... et nous menacent tous. Rien ne doit être sacrifié aux exigences du paiement de la dette, qui n’a qu’une origine : le renflouement des patrons, banquiers, capitalistes et spéculateurs, et qui n’a qu’une fonction : garantir au capital financier des profits gigantesques, au prix d’une exploitation débridée des travailleurs, du démantèlement de tous les services publics, abandonnant des territoires entiers au chaos.
Nous refusons de nous plier à la « nécessaire réduction des déficits publics », prônée par le communiqué de l’intersyndicale du 29 novembre correspondant aux souhaits du Premier ministre Fillon, qui représente le franchissement d’un pas dans la voie du « consensus » pour accompagner les contre-réformes et les plans de rigueur.

Nous affirmons : mettre le doigt dans l’engrenage d’un consensus sur la base de la « nécessaire réduction des déficits publics » qui commande le démantèlement immédiat de la Sécurité sociale, des hôpitaux, de tout le système scolaire, des services de l’Equipement… est un piège mortel pour la classe ouvrière et ses organisations.
Nous prenons l’engagement — partout, dans les villes, les départements, dans les secteurs professionnels— d’organiser la liaison politique permanente entre militants de toutes affiliations syndicales et politiques pour faire triompher l’unité pour dire : « Non au chantage de la dette, non au consensus pour la “nécessaire réduction des déficits publics”, unité pour le rejet des contre-réformes et des plans de rigueur ».
Une unité qui ne peut se fonder que sur l’affirmation d’une indépendance totale à l’égard des diktats de l’Union européenne et du FMI. Cela exige l’indépendance des organisations de classe, ce qui suppose que soit abrogée la loi du 20 août 2008 de destruction des organisations syndicales. Nous affirmons : pas une conquête, pas un acquis, pas un droit ouvrier, pas un emploi ne peut et ne doit être sacrifié à la prétendue « réduction des déficits publics ». Il est hors de question de renoncer à l’exigence d’abrogation de la loi sur les retraites dont les premiers décrets d’application viennent de tomber.

De grands combats sont devant nous. Nous décidons de nous organiser dans nos villes, nos quartiers, nos secteurs professionnels pour faire triompher, à chaque occasion qui nous sera donnée, l’unité pour la défense, la résistance et la reconquête de tous les droits. Et cela, sans la moindre concession au consensus que l’Union européenne, le Fonds monétaire international et le gouvernement exigent des organisations qui se revendiquent de la classe ouvrière et de la démocratie.
A l’issue de notre discussion et de la lecture des mandats qui ont été portés à notre connaissance, nous décidons de constituer, à partir de la tribune de cette conférence, un « comité de liaison » chargé de poursuivre, de manière organisée, l’échange que nous avons commencé et de resserrer les liens entre nous.

11 décembre 2010 à Issy-les-Moulineaux

samedi 4 décembre 2010

Compte rendu de la conférence départementale pour l'unité ouvrière

Compte rendu de la conférence qui s'est tenue le 26 novembre 2010 dans les Alpes Maritimes.

Depuis un mois, par petits groupes, plusieurs dizaines de salariés se sont réunis autour d’Informations Ouvrières, à Nice et à Sophia-Antipolis, pour préparer la conférence nationale du 11 décembre.
Une conférence départementale a eu lieu le 26 novembre, qui a rassemblé 21 salariés et syndicalistes du privé et du public : Amadeus, Association Départementale de Sauvegarde de l’Enfance et de l’Adolescence, CNRS, Education Nationale, Faceo, France 3 Côte d’Azur, France Telecom, Hôpital, IME Henri Matisse, Schneider, Sopra, Thalès Alenia Space, Visteon.
Une large discussion s’est engagée. Nous en reproduisons ici quelques extraits :
- Dans l’enseignement, on a eu l’expérience de 2003. On avait fait 6 semaines de grève et la CFDT nous a lâché. Elle a signé la réforme avec le gouvernement. Aujourd’hui, c’est la CFDT qui oriente les positions de l’intersyndicale nationale. Pourquoi la direction de la CGT a-t-elle accepté de suivre la CFDT pour dire : pas d’appel national à la grève interprofessionnelle pour le retrait du projet de loi, pas d’appel au blocage économique du pays ? Chérèque se félicite de l’amendement du Sénat pour la retraite par points, c’est-à-dire un nouvel effondrement du niveau des pensions et la fin du Code des pensions civiles et militaires. En haut, ils ne veulent pas aller jusqu’au bout. Alors, comment peut-on faire ?
- Il y a un accord CGT-CFDT depuis leur position commune avec le MEDEF sur la représentativité syndicale. Fillon vient à nouveau de saluer la loi du 20 août 2008 sur la représentativité comme « la clé d’un nouveau réformisme social ». Je suis dans la métallurgie. Il y a plus de 2000 salariés à Cannes et nous sommes la première organisation syndicale avec 35% des voix. Mais comme on fait seulement 8% au niveau national, ils ont réussi à nous écarter. Sur la question des retraites, il y a eu le problème des journées d’action saute-mouton. On aurait du partir plusieurs jours d’affilé jusqu’au retrait.
- les médias jouent un rôle important. Je ne faisais pas de politique avant et je me suis laissée embarquer dans le vote pour le Traité de Maastricht . Ensuite, on a voté NON mais ils ont quand même fait ce qu’ils avaient décidé. Il y a un problème de démocratie. Depuis que je lis IO, je comprends les choses. Ce n’est pas pour faire de la pub, mais aucun autre journal ne nous explique cela. Les personnes qui ne sont pas averties n’ont pas le même regard, elles subissent la pression des médias. Je suis syndicaliste, mais quand j’ai vu Thibault et Chérèque dire qu’on n’avait pas gagné sur la revendication, mais qu’on avait gagné la bataille des idées, c’était la douche froide.
- C’est facile de dire que c’est la faute de la CFDT ou des dirigeants. Il y a un problème plus profond car beaucoup de gens n’étaient pas là. Il faut oublier les appareils.
- Je ne suis pas d’accord. Tout a été fait pour démobiliser. Pourtant, les salariés étaient présents par millions. Pourquoi Bernard Thibault n’a-t-il pas appelé à la grève pour le retrait, pour bloquer le pays ? Je ne sais pas. Je ne suis pas psychologue d’entreprise ou de syndicat. Mais les faits sont là. On ne peut pas oublier. Il faut des solutions pour résoudre ces problèmes.
- En 1995, on était 2 millions et on a fait reculer Juppé. Le 12 octobre, on était 3,5 millions et pourtant le gouvernement a maintenu son projet. On n’est pas passé loin d’un mouvement beaucoup plus important. Qu’est-ce qui a manqué ? En 1995, il y avait la poigné de main entre Vianet (CGT) et Blondel (FO) et des millions pour le retrait du plan gouvernemental. Aujourd’hui, il y a un accord entre Thibault et Chérèque.
- Dans mon entreprise, les collègues disaient : quand on nous appelle à la grève, on répond présent. Aujourd’hui, on est encore en grève et on est des millions. Alors qu’est-ce qu’ils font en haut ? Ils attendent quoi pour appeler à la grève générale ?
- Le 23 novembre, l’intersyndicale départementale a appelé à un rassemblement « Retraite aux flambeaux » avec lampions etc … Ils étaient 300 et le secrétaire départemental du syndicat a dit : « la faute repose sur celles et ceux qui n’ont participé à aucune action de résistance ». Je ne suis pas d’accord avec ça. Il y a eu une mobilisation énorme. Ils veulent éviter les questions embarrassantes : pourquoi ne pas avoir appelé à la grève générale, au retrait, au blocage économique du pays ?
- Plusieurs syndicats du département se sont battus pour le retrait. Et sous la pression de la masse, à un moment donné, ils ont du accepter de dire retrait. Au soir du 12 octobre, Aubry a du dire : retrait. Et le lendemain, elle s’est rétractée. Le 13 octobre, l’UD CGT appelait au retrait du projet de loi. Et le surlendemain, le mot d’ordre du retrait disparaissait à nouveau. La masse qui a déferlé le 12 octobre a fait bouger les lignes. Mais on est confronté à un problème. En haut, ils ne veulent pas du retrait. A partir de là, ils ne se donnent pas les moyens de gagner. Ca ne veut pas dire qu’on ne peut pas y arriver. Il faut être plus nombreux à nous battre pour définir clairement nos revendications, pour le respect de la démocratie dans nos organisations, pour le respect du mandat qui est confié par la base. Il faut que les salariés qui sont en grève, syndiqués ou non, puissent diriger leur mouvement pour éviter que ce soit Chérèque qui mène la barque.
- Chérèque dit : l’épilogue se jouera en 2012. Non, 2012 ne va rien régler. Le PS est pour l’allongement de la durée de cotisation. Bianco dit : il y aura du sang et des larmes. Et aucun député de l’opposition n’a déposé d’amendement pour exiger le retrait de la loi.
- Il faut faire un bilan pour répondre concrètement à la question : qu’est-ce qu’on fait maintenant ? Informations Ouvrières est un outil indispensable. Le journal a aidé des milliers de lecteurs à comprendre, à agir, à argumenter, à écrire aussi. Un camarade a évoqué la motion de sa Fédération syndicale. Quand un syndicat réunit ses syndiqués, quand il sort un communiqué qui est diffusé aux salariés et qui dit : « malgré l’immense mobilisation, le gouvernement a fait voté la loi et prévoit une nouvelle réforme pour imposer la retraite par point. Nous exigeons l’abrogation de la loi Woerth/Fillon/Sarkozy et nous refusons la retraite par point qui signifierait la fin de nos régimes et un effondrement des pensions », c’est quelque chose de très important. Lors de son discours d’investiture à l’Assemblée Nationale, Fillon a dit : nous allons continuer à réformer, nous allons « fixer les objectifs, le calendrier, la méthode (…) mais c’est aux partenaires sociaux d’en proposer et d’en définir les modalités et les outils », il faut dire clairement : non, nous ne négocierons pas de nouveaux reculs, nous n’acceptons pas de négocier dans le cadre fixé par le patronat, le gouvernement, l’Union Européenne, les marchés financiers. De haut en bas, ceux qui se sont prononcés contre le mot d’ordre de retrait du projet de loi refusent aujourd’hui de réclamer l’abrogation de la loi. C’est ça le problème. Si on veut préparer les conditions pour gagner, il faut s’expliquer et dire dès maintenant : abrogation de la loi Woerth et refus de la retraite par points !
- On ne pourra pas régler les problèmes au niveau local. Le POI a proposé une conférence nationale le 11 décembre, qui sera une conférence politique pour essayer d’apporter des réponses concrètes aux problèmes que nous discutons ici.
Un premier délégué est désigné, 214 euros sont collectés et 3 IO vendus.

mercredi 27 octobre 2010

Ils ont osé la réquisition !

De bout en bout, la Ve République est un régime réactionnaire antidémocratique. A quelques jours d’intervalle, le gouvernement réquisitionne les grévistes des dépôts d’essence, menace de réquisition les éboueurs en grève, et fait voter par un Parlement aux ordres une contre-réforme qui dresse contre elle l’immense majorité de la population !
La réquisition est une atteinte majeure au droit de grève, une déclaration de guerre contre la classe ouvrière dans son ensemble et contre la démocratie.
Il faut remonter à 1963, lorsque de Gaulle décréta la réquisition des mineurs, pour trouver un précédent. A l’époque, notre journal dénonçait cette tentative de « porter un coup décisif au mouvement ouvrier » visant à faciliter « le processus d’intégration des syndicats dans l’Etat » et concluait que « la grève générale (est la — NDR) seule riposte valable à la réquisition si les dirigeants entendent résister » (1).
Aujourd’hui encore, tout est là : « si les dirigeants entendent résister »…
Reprenons le calendrier. 19 octobre : pour la sixième fois, des millions de travailleurs en grève et en manifestation exigent le retrait de la contre-réforme Sarkozy-Fillon-Woerth. A la SNCF, dans de nombreux secteurs du public comme du privé, la grève est reconduite par les assemblées générales, souvent depuis le 12 octobre. Autour des raffineries et des dépôts d’essence, comme parmi les travailleurs territoriaux, notamment ceux du nettoiement (à Marseille et dans d’autres villes), s’exprime un mouvement vers le blocage du pays, pour contraindre une fois pour toutes le gouvernement à reculer. Deux jours plus tard, le 21 octobre, l’intersyndicale (CFDT, CFE/CGC, CFTC, CGT, FSU, UNSA) se réunit. Son communiqué ignore l’exigence du retrait et de la grève pour le retrait. Il prétend que « des millions de salariés affirment vouloir une autre réforme des retraites » et s’engage à « veiller au respect des biens ». Dans les 48 heures qui suivent, les réquisitions commencent, suivies de l’adoption de la contre-réforme à l’Assemblée nationale et au Sénat.
Chérèque déclare alors qu’« une loi est toujours perfectible » et annonce l’ouverture de négociations avec le Medef dans le cadre de l’application de la contre-réforme. De son côté, Bernard Thibault affirme que le mouvement contre la réforme des retraites « continuerait » en prenant « d’autres formes ».
Quant au Parti socialiste… n’a-t-on pas entendu certains de ses élus menacer eux aussi de réquisition les éboueurs en grève ? Il est vrai que le 20 octobre, le Parlement européen adoptait des recommandations visant à la mise en place des fonds de pension, de la santé en ligne, des partenariats public-privé et du respect des disciplines budgétaires, dans une résolution basée sur un rapport présenté par la députée du PS français, Pervenche Berès.
C’est bien dans cette subordination aux institutions anti ouvrières de la Ve République et de l’Union européenne que s’enracinent les barrages auxquels se heurte la lutte de classe acharnée des travailleurs et militants unis contre la réforme Sarkozy-Fillon-Woerth. C’est bien là, dans ces barrages, que le gouvernement prétend puiser les forces qui lui permettront de jouer le pourrissement.
Il n’en reste pas moins que la classe ouvrière se bat. Bloquer la contre-réforme Sarkozy-Fillon-Woerth, bloquer toutes les contre-réformes constitue plus que jamais l’ordre du jour ouvrier. Ces questions sont au centre de la préparation de la conférence du 11 décembre.

(1) Informations ouvrières nos 146 et 147, 9 et 16 mars 1963.

jeudi 14 octobre 2010

Edito Informations Ouvrières Mercredi 13 Octobre 2010

Il y avait eu le 15 puis le 24 juin. Plus près de nous, le 7 et le 23 septembre. Puis les manifestations du 2 octobre. Ce 12 octobre, pour la sixième fois en quelques mois, des millions et des millions de travailleurs et de jeunes ont fait grève et ont manifesté. Quelles que soient les estimations des uns et des autres, tous s’accordent à dire que ce 12 octobre a été plus massif, plus puissant que toutes les manifestations précédentes.
Plus nombreux étaient les manifestants à crier « ni amendable, ni négociable, retrait ». Plus nombreux à affirmer la nécessité de la grève jusqu’au retrait, sous toutes les formulations possibles. Plus nombreux, plus déterminés, sans outrance… Une masse tranquille, sereine, sure de son bon droit. Déterminée à obtenir le retrait de la contre-réforme, sans céder au chantage sur « les déficits publics », les sacro saints critères de Maastricht, et le chantage des agences de notation et des grands groupes capitalistes. Une masse unie, où jeunes et moins jeunes exigent d’une seule voix que l’on reconnaisse aux plus anciens le droit à la retraite pour permettre aux plus jeunes d’accéder à un vrai travail, à un vrai salaire. Une masse unie, déterminée affirmant ses exigences sur le terrain de la lutte de classe.
A l’heure où nous bouclons ce journal, au soir du 12 octobre, la grève semble largement reconduite dans les dépôts SNCF et dans un certain nombre d’entreprises et de secteurs du public et du privé. Il est toutefois trop tôt pour mesurer jusqu’à quel point les assemblées générales seront amenées dans les prochaines heures et les prochains jours à décider ou non de la reconduction de la grève.
Une chose est sure : il y a quelques jours, Bernard Thibault invitait à débattre du mot d’ordre de reconduction «au cas par cas, entreprise par entreprise». Aujourd’hui, la réponse est là : en bas, dans les assemblées générales, les travailleurs ont répondu, et leur présence massive, tranquille et déterminée dans la grève et les manifestations du 12 octobre indique à qui en douterait que rien n’est réglé.
En bas, dans la rue, dans les grèves, dans les manifestations, les travailleurs unis avec leurs syndicats ont répondu. Ils sont fondés à se tourner à présent vers le sommet des organisations : alors que la résistance du gouvernement ne laisse d’autre choix que la grève jusqu’au retrait, que répondent les dirigeants ? C’est ce que formulent nombre d’assemblées générales ce soir qui dans le même temps où elles se prononcent sur la reconduction s’adressent vers les directions des confédérations pour leur dire : « il vous revient de vous prononcer tout de suite et toutes pour le retrait de la contre-réforme et de prendre vos responsabilités dans l’organisation de la grève interprofessionnelle qui l’imposera. Pour notre part, nous sommes prêts, nous sommes d’ores et déjà engagés ».

lundi 4 octobre 2010

Déclaration du Conseil fédéral national

UNE URGENCE: ARRÊTER LE BRAS DESTRUCTEUR DU GOUVERNEMENT

TOUT AVAIT ÉTÉ PRÉVU, ET POURTANT...
Le 7 septembre, puis le 23, des millions de travailleurs et de jeunes ont, par la grève et la manifestation, réaffirmé l’exigence commune : retrait de la réforme Sarkozy-Fillon-Woerth.
Pourtant, au lendemain du 7 septembre, tout avait été mis en oeuvre pour faire refluer la mobilisation. S’opposant obstinément aumot d’ordre de retrait, lamajorité des dirigeants des confédérations qui constituent « l’intersyndicale » avaient refusé d’appeler à la grève et à la montée nationale à Paris, le jour du vote de la loi, écartant tout pas vers unmouvement d’ensemble,
la grève jusqu’au retrait qui permettrait de faire reculer le gouvernement.
Du côté de l’Assemblée nationale, les députés du Parti socialiste, du Parti communiste et du Parti de gauche s’étaient livrés à une parodie de débat parlementaire en amendant et en faisant même semblant d’améliorer la loi. Dans ces conditions, l’adoption, le 15 septembre, du projetWoerth par une Assemblée nationale croupion chargée d’exécuter les exigences de l’Union européenne et des capitalistes devait clore le chapitre.
Seulement voilà, à nouveau, le 23 septembre, et y compris dans les manifestations du
samedi 2 octobre, desmillions ont dit : le projet doit être retiré. Pour cesmillions qui semobilisent depuis desmois contre le projetWoerth, il n’est pas question de renoncer : il s’agit, plus que jamais, de faire reculer Sarkozy et d’arracher le retrait. Les travailleurs savent que rien n’a jamais été arraché sans la lutte de classe.
Imposer le retrait, ce serait un premier pas qui contribuerait à bloquer l’ensemble des contre-réformes du gouvernement, un premier pas en direction d’une issue politique conforme aux intérêts des travailleurs et à la démocratie.

UNE CONFÉRENCE NATIONALE DE DÉLÉGUÉS POUR L’UNITÉ OUVRIÈRE,
POUR ARRÊTER LE BRAS DESTRUCTEUR DU GOUVERNEMENT
POUR LE RETRAIT DE TOUTES LES CONTRE-RÉFORMES

Le Parti ouvrier indépendant, dès le mois de janvier, est entré en campagne contre tout consensus avec le gouvernement Sarkozy sur la réforme des retraites. Puis, dès que le texte du projet fut connu, le POI a lancé lemot d’ordre « Retrait ! ».
Aujourd’hui, une évidence s’impose : rien n’est terminé. Tous les travailleurs, tous ceux qui, avec eux, se dressent contre la réforme Sarkozy-Woerth savent que ceux qui arguent de l’allongement de l’espérance de vie, de l’équilibre financier des régimes de retraite pour défendre l’idée d’une « bonne » réforme sont desmenteurs !
Ils le savent :
• La contre-réforme des retraites, engagée pour tous les pays d’Europe au sommet de Barcelone en 2002, où Chirac et Jospin ont signé le diktat de l’Union européenne, est dictée par les fonds de pension, les fonds spéculatifs, lesmultinationales.
• L’endettement faramineux de 1 600 milliards d’euros au nom duquel sont justifiées les mesures de destruction de la force de travail et le budget de rigueur annoncé pour 2011 ne sert qu’à fournir aux banques et aux capitalistes les milliards dont ils ont besoin pour repousser l’heure de leur faillite et prolonger d’autant les souffrances des peuples qu’ils exploitent.
• Conformément aux exigences des agences de notation, de l’Union européenne, du Fonds
monétaire international, de l’ensemble des institutions de la classe capitaliste, après les retraites, le gouvernement a inscrit sur sa feuille de route destructrice le budget meurtrier détruisant la Sécurité sociale, les services publics, les emplois, en un mot : leurs conquêtes ouvrières et démocratiques.
Aujourd’hui, l’ordre du jour reste : retrait du projet Sarkozy-Fillon-Woerth !
Et si le gouvernement décide de passer outre, les travailleurs n’auront d’autre choix que de se battre pour l’abrogation de la loi. Pour des dizaines demilliers de travailleurs et demilitants, qui ont, ensemble, ces dernières semaines, organisé le combat commun et réalisé l’unité de leurs organisations pour une grève appelée par toutes les confédérations pour arracher le retrait, une question reste posée : «Tous les travailleurs constatent ce refus obstiné “en haut” de répondre à l’appel au combat franc et massif pour le retrait. Comment surmonter l’obstacle auquel nous n’avons cessé de nous heurter ces dernières semaines ? Comment, dans l’unité
des travailleurs et des organisations, réalisée à tous les niveaux, parvenir à jeter toutes nos forces dans la bataille pour faire céder ce gouvernement ? »
Qui peutmieux répondre à cette question que les travailleurs et lesmilitants engagés
eux-mêmes dans cette bataille ? C’est pourquoi le POI, sans faire de ses positions un préalable, propose à tous les travailleurs etmilitants d’organiser une conférence nationale de délégués pour l’unité ouvrière, où cette question cruciale sera débattue, pour aider à dégager les formes d’action commune pour faire prévaloir les intérêts de la population laborieuse.

QU’EST-CE QUI DONNE AU GOUVERNEMENT SON APPARENTE ASSURANCE ?

Il est une question que tout travailleur, tout militant ouvrier est amené à se poser : qu’est-ce qui donne au gouvernement Sarkozy, isolé, rejeté, déconsidéré, assailli par les affaires, la force de continuer ? Comment se peut-il qu’un gouvernement qui dresse des millions contre sa politique conserve les mains libres non seulement pour faire passer coûte que coûte la contre-réforme des retraites,mais aussi la réforme territoriale et le démantèlement de la Sécurité sociale, tandis qu’il poursuit sa politique répressive et discriminatoire contre les
Roms, contre les immigrés, contre la jeunesse ?
A cette question, quiconque observe les faits sera conduit à répondre :
• Ce gouvernement ne conserve les mains libres que parce que, dans leur majorité, les dirigeants des confédérations syndicales se refusent à avancer l’exigence du retrait et à lancer dans l’unité l’appel à la grève à laquelle aspirent tous les travailleurs.
• Ce gouvernement ne se survit que parce que les dirigeants des partis dits de gauche, qui se disent du côté des travailleurs, n’ont cessé de légitimer sa contre-réforme, cautionnant le prétendu débat parlementaire, avançant leurs propres « projets de bonne réforme » respectueux des diktats de l’Union européenne,multipliant des promesses pour 2012…

STOPPER L’OFFENSIVE ANTI-OUVRIÈRE
ET LE DÉMANTÈLEMENT DES BASES DE LA RÉPUBLIQUE

Dans tous les domaines, les travailleurs et la majorité de la population se heurtent aux mêmes obstacles. Sarkozy pourrait-il poursuivre sa politique de démantèlement des services publics si les majorités PS et PCF qui dirigent les régions et départements n’organisaient pas elles-mêmes la privatisation et l’externalisation des services publics, et la suppression de milliers d’emplois publics, appliquant les directives de l’Union européenne et se faisant les relais de la fameuse réforme territoriale du gouvernement ?
A l’occasion des élections cantonales de mars prochain, le POI, qui combat pour la reconquête des droits et de la démocratie, défendra contre les tenants de cette politique les mots d’ordre de défense de la République, d’abrogation de la réforme territoriale, de reconquête des services publics, de renationalisation, de défense des communes.
Le POI combattra pour que des candidats, présentés ou soutenus par le Parti ouvrier indépendant, portent haut le drapeau de la République une et indivisible, défenseur des 36 000 communes. Des candidats qui s’engageront à n’accepter aucune hausse des impôts payés par la population, aucune coupe, aucune destruction de service public, aucune remise en cause de la laïcité, aucune restructuration sous couvert du remboursement de la dette publique, de décentralisation et de transfert de nouvelles charges aux régions et départements.

LA SITUATION DANS LAQUELLE S’ENFONCE LE PAYS
EXIGE DES MESURES D’URGENCE

Le POI, depuis sa fondation en juin 2008, ne cesse de combattre pour que l’unité des travailleurs et de leurs organisations se réalise sur lesmesures immédiates et d’urgence qu’appelle la situation.
• Il mène campagne pour l’interdiction des licenciements et a aidé à un rassemblement, autour de cette exigence, devant l’Assemblée nationale, le 28 novembre 2009.
• Il met au coeur de son action permanente la bataille contre toute remise en cause de la Sécurité sociale, pour l’abrogation de la loi Bachelot, pour le retrait des nouvelles mesures avancées et le retour à la Sécurité sociale de 1945.
• Lorsque 460 milliards sont scandaleusement versés par le gouvernement aux banquiers et aux spéculateurs au nom de la crise, le POI se prononce pour la renationalisation des secteurs clés de l’industrie et des banques privatisées.
• Il participe à tous les combats contre la destruction des services publics, des écoles, bureaux de poste, hôpitaux, comme il déploie toutes ses forces pour la réalisation de l’unité contre la suppression de 100 000 postes de fonctionnaires, pour le rétablissement plein et entier du service public, contre la Politique agricole commune (PAC) de l’Union européenne, qui détruit l’agriculture etmet en péril la souveraineté alimentaire de notre population.
Quel gouvernement prendra de tellesmesures d’urgence ?
A l’évidence, un gouvernement qui déciderait de rompre toute attache vis-à-vis de la classe capitaliste, refusant en particulier de se soumettre à l’impératif de la « dette » au nom de laquelle on prétend imposer les plansmeurtriers contre les travailleurs et le peuple.
Un tel gouvernement ne pourrait être qu’un gouvernement qui décide de rompre avec
l’Union européenne et de remettre en cause les institutions antidémocratiques de la Ve République, celles-làmêmes qui ont vu l’Assemblée croupion adopter la contre-réforme.
Un tel gouvernement tirerait sa légitimité dumandat donné par lamajorité du peuple souverain représenté par ses délégués élus dans une Assemblée constituante.
Telles sont les positions du Parti ouvrier indépendant.
Le POI n’a pas d’autre but que de faire avancer la cause de l’unité pour faire prévaloir les besoins vitaux des travailleurs, de la jeunesse, de l’immensemajorité du peuple. Car c’est une évidence : en contraignant le gouvernement à retirer sa loi sur les retraites et à renoncer aux contre-réformes qu’il veut engager dans la foulée, la classe ouvrière ouvrira une première brèche dans la voie d’une issue politique conforme aux intérêts de la population laborieuse et de la démocratie.

UNE CONFÉRENCE POUR L’UNITÉ OUVRIÈRE
ET LA RECONQUÊTE DES DROITS ET DE LA DÉMOCRATIE

Des millions et des millions de travailleurs se sont engagés depuis des mois dans les
grèves et les manifestations. Nombreux sont les jeunes qui les rejoignent aujourd’hui, conscients du lien qui existe entre la défense des retraites et la lutte contre la précarité, le chômage et la déqualification.
La lutte de classe appelle une issue conforme aux intérêts des travailleurs et à la
démocratie.
Durant cette période, dans les usines, les entreprises, parmilliers et dizaines de milliers, des syndiqués et des délégués, de toutes confédérations et de toutes tendances, ont tissé des liens d’unité, affirmant par des centaines de déclarations intersyndicales leur volonté commune de faire prévaloir l’unité pour le retrait et de voir leurs organisations, en dépit des blocages aux sommets, appeler ensemble à la grève pour contraindre le gouvernement à reculer.
C’est pourquoi le Parti ouvrier indépendant s’adresse aux dizaines de milliers de travailleurs et de militants qui sont artisans du combat d’unité pour faire céder le gouvernement, ainsi qu’à la jeunesse,
POUR LEUR PROPOSER D’ORGANISER ENSEMBLE, LE 11 DÉCEMBRE 2010,
UNE CONFÉRENCE POUR L’UNITÉ OUVRIÈRE.
Conférence préparée par des réunions dans les entreprises, les quartiers,
les localités, où travailleurs et militants de toutes tendances établiront
leur mandat et dégageront les propositions pour faire progresser la cause
commune de l’unité ouvrière et de la reconquête de la démocratie.
Le POI invite travailleurs et jeunes, qui partagent la conviction
que la volonté de la majorité doit s’imposer, à engager le débat
dans les colonnes du journal Informations ouvrières et à rejoindre
les rangs du Parti ouvrier indépendant.

samedi 11 septembre 2010

POI INFORME 9 septembre

• Mardi 7 septembre au soir, les 4 secrétaires nationaux du POI publient un communiqué affirmant :
« Au soir du 7 septembre, exceptionnel, pour l’immense majorité des manifestants, les
choses sont claires : personne n’a reçu mandat pour entrer dans le jeu grossier de
Sarkozy. »
Ce communiqué est diffusé à des dizaines de milliers d’exemplaires dans tout le pays.
• Mercredi 8 septembre, Informations ouvrières rend compte de la journée du 7 septembre :
« Tandis que des millions sont dans la rue, Sarkozy déclare maintenir son projet, se dit prêt à « négocier aux marges ». Des millions de manifestants n’ont pas donné mandat pour amender le projet de loi. Ni amendable, ni négociable. Retrait. »
• Jeudi 9 septembre : Le POI estime devoir — à la demande de ses adhérents et de nombreux travailleurs de toutes tendances — faire connaître des informations en sa possession, afin de contribuer sur le plan qui est le sien au débat en cours dans la classe ouvrière dans le combat pour arracher le retrait du projet de loi Woerth-Sarkozy.
• Samedi 11 septembre, le Bureau national du POI se réunira. Il discutera de cette situation et exposera publiquement ses conclusions politiques.

Le 8 septembre dans l’après-midi, les
organisations syndicales CFDT, CFE/CGC,
CFTC, CGT, FSU, UNSA ont adopté un
communiqué commun dans lequel on peut lire :
« Réunies le 8 septembre 2010 elles décident de
poursuivre et d’amplifier le processus de
mobilisation pour obtenir des mesures justes et
efficaces afin d’assurer la pérennité du système
de retraites par répartition. »
Ce communiqué appelle à « une journée forte
d’initiatives et d’interpellations » le 15
septembre et à « une grande journée de grèves et
de manifestations » le 23 septembre.
Le contenu de ce communiqué commun avait été
donné le matin même par Eric Aubin,
responsable des retraites à la CGT, dans une
interview à l’Express : « Aujourd’hui 8
septembre, le président de la République réunit
François Fillon, Eric Woerth et Georges Tron
pour discuter de la réforme. On voit que les
choses bougent. »
Suite au communiqué commun, Nadine Prigent,
autre responsable de la CGT, déclare que ces
initiatives visent à obtenir « des modifications
substantielles du texte gouvernemental ».
Chérèque, de son côté, déclare : « On est en train
de faire bouger les lignes. On est train de faire
douter y compris les personnes de bonne volonté
de la majorité. (…) Je ne comprends pas que le
gouvernement ne soit pas capable de lui tendre
la main qu’on lui tend. »
Force ouvrière et Solidaires ne sont pas
signataires du communiqué commun.
Dans une circulaire, Jean-Claude Mailly
explique à propos de la réunion des
organisations syndicales : « Nous avons formulé
notre exigence de retrait, ce qui a été refusé. La
discussion a surtout porté sur la date de la
journée d’action. L’Assemblée nationale votant
le 15, nous étions partisans de mobiliser ce jour,
ainsi que la FSU et SUD. Mais … la CGT et la
CFDT ont objecté qu’il serait difficile de
mobiliser au même niveau que le 7. La date du
23 septembre a finalement été retenue.

Incontestablement, avec leur communiqué
commun, Thibault et Chérèque vise à semer le
désarroi parmi les travailleurs et cela peut peser.
Cependant, dès le 8 septembre en soirée et le 9,
dans de nombreuses réunions de la CGT, le
communiqué commun a soulevé une vague de
protestations.
Ainsi, à l’issue d’une assemblée de militants
dans le Val-de-Marne, l’Union départementale
CGT publie un communiqué : « Concernant le
15 septembre jour du vote », l’UD
considère « après en avoir débattu [qu’] une
manifestation en direction de l’Assemblée
nationale est indispensable pour faire entendre
aux représentants de la République la voix de
ceux qui rejettent le projet de réforme des
retraites gouvernemental. »
Et « appelle l’ensemble des salariés actifs,
retraités, privés d’emploi…, à amplifier la
mobilisation pour le retrait du projet Sarkozy. »
La réunion fut l’occasion d’un âpre débat. Un
militant exprime le sentiment de tous : « Je suis
en colère ! Le 23 c’est trop tard. Une
mobilisation symbolique le 15 c’est insuffisant.
Pour moi, la CGT s’est une fois de plus couchée
devant la CFDT. J’en ai plus qu’assez de cette
politique d’alignement systématique sur la
CFDT. La CGT a suffisamment de poids pour
entraîner la FSU sur ses positions, elle aurait dû
faire l’unité avec FO et SUD. »
Le même vent de révolte s’est exprimé dans une
réunion analogue à Paris.
Dans la journée du 9, de nombreuses
instances ont pris position pour manifester le 15
à l’Assemblée nationale. Ainsi, le syndicat CGT
Energie à Paris « afin d’obtenir, comme
l’expriment nos syndiqués, le retrait total de la
loi contre les retraites, la mobilisation doit
s’amplifier. La Commission exécutive du
syndicat CGT Energie Paris exprime son total
désaccord avec les propositions de
l’interfédérale d’une journée d’initiative le 15
septembre et d’une nouvelle grève le 23, soit 8
jours après le vote de la loi au Parlement. Notre
CE exige que la CGT appelle dès le 15
septembre, jour du vote de la loi, dans l’unité la
plus large, à une grève et à une manifestation
centrale vers l’Assemblée nationale. »
D’autres instances ont pris position dans le
même sens tant dans la région parisienne qu’en
province. Ainsi le syndicat CGT PTT d’Eure et
Loir déclare : « Ce projet de loi n’est ni
amendable ni négociable, ceci est absent de la
déclaration syndicale du 8 septembre. Nous le
regrettons, et demandons que ce soit clairement
affirmé par notre confédération (des dizaines
d’UD et des milliers de syndicats de la CGT le
demandent). Le projet de loi passe à l’Assemblée
nationale le 15 septembre. Nous demandons
qu’il y ait appel à la grève nationale
interprofessionnelle et à manifester le 15 dans
les départements et à l’Assemblée nationale.
Cela suffit que Chérèque mène la barque. »
Le conseil national du Parti socialiste
déclare : « Les François sont parfaitement prêts
à faire des efforts. Beaucoup d’entre eux sont
disposés à travailler plus longtemps, compte
tenu de l’allongement de l’espérance de vie ;
mais à condition que les efforts soient justes,
partagés équitablement et utiles. »
Le PS « mènera le combat au Parlement contre
ces mesures iniques et y portera ses propres
propositions. » Martine Aubry déclare :
« Partout en Europe il y a eu un débat national
et pratiquement un consensus dans tous les
pays. »
Les députés du PCF et du Parti de Gauche
dénoncent également un « passage en force » :
« On n’a pas le temps de discuter les
amendements. On essaie de passer en force à
l’Assemblée nationale. C’est inacceptable. Nous
allons nous battre pour qu’il y ait un peu de
démocratie dans cette enceinte », déclare Marie-
George Buffet.
Et pendant ce temps-là, François Baroin
annonce que l’Etat entend ramener son déficit de
152 milliards à 100 milliards d’euros. Il qualifie
« d’intangible » l’objectif du gouvernement de
ramener son déficit public tel que défini par
l’Union européenne, Etat, Sécurité sociale et
collectivités locales, à 6% du PIB.
Cela pendant que la crise de l’Etat se
poursuit. Ce jeudi 8 au matin, le siège de l’UMP
a été perquisitionné…

Communiqué du bureau national du Parti ouvrier indépendant

7 septembre : trois millions de travailleurs font grève et manifestent contre le projet de loi sur les retraites.
10 septembre : l’Assemblée nationale vote l’article 5 du projet de loi, qui porte à 62 ans et 67 ans le droit au départ à la retraite et le droit de départ à la retraite à taux plein !

En trois jours, au mépris de toute démocratie, au mépris de l’exigence du retrait de la réforme, l’Assemblée nationale s’arroge le pouvoir de tenter de porter un coup majeur aux conditions d’existence de millions de salariés !
• Une Assemblée nationale aux ordres, qui, dans le cadre de la Ve République, n’a d’autre pouvoir que d’exécuter les exigences du président de la République, lui-même aux ordres de l’Union européenne et des institutions du capital international ;
• une Assemblée nationale dont 90 % du travail consiste à transcrire les directives
européennes ;
• une Assemblée nationale qui, comme l’a déclaré un député UMP ce 9 septembre, vote
cette contre-réforme parce qu’« elle nous permet de conserver la signature de la France auprès des agences de notation » ;
• une Assemblée nationale aux ordres de ceux qui spéculent, détruisent les emplois,
privatisent et pillent le pays ;
• une Assemblée nationale qui met en application la décision prise dès 2002 au sommet
européen de Barcelone, avec la participation de Chirac et Jospin, d’augmenter dans toute l’Europe de 5 ans l’âge de départ à la retraite.

CETTE ASSEMBLÉE NATIONALE CROUPION, sans autre pouvoir que d’appliquer les diktats des agences de notation, c’est-à-dire de la classe capitaliste, n’a rien à voir avec la démocratie. Elle n’a aucune légitimité.
A l’origine des coups majeurs portés contre la classe ouvrière, on trouve la soumission totale aux exigences des grands groupes capitalistes et de
leurs actionnaires, avides de profits et de dividendes.
Le capital financier a obtenu du gouvernement le renflouement de ses pertes dans la spéculation et la crise de 2007-2008, poussant les Etats sur la voie
d’un nouvel et gigantesque endettement.
Aujourd’hui, il exige de baisser encore plus le « coût du travail » par la précarité, l’austérité salariale, la réduction des effectifs de la fonction
publique, les délocalisations et destructions massives d’emplois, l’attaque contre les retraites et la privatisation de la protection sociale, créant une
situation où les travailleurs et les jeunes se posent chaque jour davantage la question : où est l’issue ?
Pour l’heure, pour tous, la première des questions est l’unité d’action pour le retrait du projet Sarkozy, projet ni amendable ni négociable.
Mais la vérité doit être dite. Cette prétendue Assemblée nationale n’aurait certainement pas pu se livrer à ce véritable forfait si les députés du Parti
socialiste, du Parti communiste et du Parti de gauche qui y siègent n’avaient pas offert leur concours à cette parodie de « débat » parlementaire.
Qu’ont-ils dit à l’Assemblée nationale ? Travailleurs, vous avez le droit de savoir. (…/…)

Quand des millions de salariés exigent, le 7 septembre, « Retrait du plan sur les retraites », Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste,
déclare à l’Assemblée : « Ce matin, deux projets sont en présence et la bataille va continuer projet contre projet. » Quelle « bataille projet contre projet » ? Y at-il bataille quand le résultat est connu d’avance ?
Membre du même groupe, le député Gaëtan Gorce déclare à l’intention de l’UMP : « En 2003, vous avez travaillé sur la notion d’un allongement de la durée
de cotisation, ce que nous acceptons aujourd’hui comme une base de travail normale. » Base de travail normale, l’allongement de la durée de cotisation
? Les travailleurs n’ont-ils pas suffisamment cotisé ? Il faut bien constater que ces interventions et amendements du Parti socialiste tournent le dos
à l’exigencemassive du retrait.
Quand le 7 septembre, les manifestants scandent : « Ni amendable ni négociable », Marie-George Buffet, au nom du groupe communiste, déclare en direction du gouvernement : « Arrêtez de répéter qu’il n’y a pas d’autres solutions que votre
réforme. Les députés du Parti communiste et du Parti de gauche en proposent : acceptez d’en débattre.
» Qui peut croire que l’enjeu de la situation, ce 10 septembre, c’est que le gouvernement accepte de débattre dans une Assemblée nationale privée de tout pouvoir ?
Les députés du Parti communiste et du Parti de gauche veulent « obtenir le plus rapidement possible le retrait de votre texte » et « proposer, le moment
venu, une véritable alternative pourmettre en oeuvre un projet de rupture avec la politique qui est la vôtre », déclare son collègue Marc Dolez. Le plus
rapidement possible ? Lemoment venu ? Si lesmots ont un sens, cela veut dire attendre 2012. Ce n’est rien d’autre que ce qu’a déclaré Ségolène Royal la
veille à la télévision. C’est maintenant, c’est tout de suite que les travailleurs veulent faire reculer par leurmobilisation, par la lutte de classe, le gouvernement
aux ordres des agences de notation. Le seul enjeu, c’est le retrait.
Quelle est la signification de ces discours et prétendus débats, apparences de polémique dans une enceinte « parlementaire » dans laquelle, chacun le
sait, tout est joué par avance ?
Soyons clairs. En cautionnant cette sinistre comédie, les partis qui prétendent défendre la classe ouvrière et la démocratie prennent la responsabilité
— parce qu’ils respectent le cadre fixé par l’Union européenne—de tourner le dos aumandat des millions de grévistes et manifestants du 7 septembre,
de fournir au gouvernement la légitimité inespérée qui lui fait défaut.
Le Parti ouvrier indépendant combat pour la reconquête de la démocratie politique. Reconquérir la démocratie politique, ce n’est pas attendre 2012 pour une « alternance » sous contrôle de l’Union européenne. C’est, tout de suite, combattre pour la rupture avec les institutions antidémocratiques de la Ve République et de l’Union européenne, institutions au seul service de la classe capitaliste engagée
dans une offensive sans précédent contre la force de travail, contre la jeunesse et les travailleurs des villes et des campagnes.
Reconquête de la démocratie qui aujourd’hui, sur le terrain même de la lutte de classe, se concentre dans la réalisation de l’unité, travailleurs et organisations,
sur l’exigence commune : la contreréforme des retraites doit être immédiatement
retirée.
Rejoignez le Parti ouvrier indépendant !

samedi 28 août 2010

Le POI 06 informe:

Déclaration du Bureau National du 21 août.


Les responsables politiques du département des Alpes-Maritimes se sont distingués ces dernières semaines par une surenchère de propositions et de déclarations abjectes visant à stigmatiser, à sanctionner et à réprimer certaines catégories de la population : les Roms, les immigrés, les français d'origine étrangère qu'ils opposent aux français d'origine non étrangère... Ils l'ont fait dans le cadre d'une politique nationale sur laquelle revient la déclaration du Bureau National.


Il est indiscutable que l’abjecte campagne anti-Roms et anti-immigrés déclenchée par le gouvernement a pour objectif immédiat de jouer un rôle de diversion. Elle se révèle néanmoins pour ce qu’elle est : un symptôme majeur de la barbarie dans laquelle la société capitaliste en crise entraîne l’humanité.

La stigmatisation d’un « groupe », les Roms chassés de chez eux par l’effondrement de la Roumanie, la Bulgarie, la Hongrie… et qui ne pourront trouver aucune place dans cette Europe ravagée par la crise, dessine l’avenir que le système promet à des pans entiers des peuples d’Europe.

Le FMI et l’Union Européenne, instruments du capital financier, dictent une politique qui a pour objectif de désintégrer toutes les relations sociales établies au lendemain de la deuxième guerre mondiale dans tous les pays européens.


Le gouvernement qui désigne à la vindicte populaire un « groupe », est celui-là même qui est en train de tenter de « segmenter » l’ensemble de la société en une série de « groupes » que plus rien ne relie entre eux.

Logique ultime de l’individualisation des relations sociales, cet éclatement de la classe ouvrière en « groupes » et en « communautés » est la conséquence immédiatement prévisible de la remise en cause des conquêtes sociales qui établissent le seul lien de solidarité qui puisse exister dans la société capitaliste entre toutes les couches de la classe ouvrière au sens large du terme.


S’ils réussissaient, nous entrerions de plain pied dans une société où on aurait à faire, non plus à une classe ouvrière, mais à des « groupes » constitués des « 15-25 ans », des « seniors », des « populations de chômeurs longue durée sans logement », des « communautés d’origine africaine », ...

En ce sens, cette campagne nous ramène à quelque chose d’encore plus proche de nous que les horreurs de la deuxième guerre mondiale : ce qui s’est passé dans les Balkans dans les années 1990. Les exigences du rétablissement de l’économie de marché dans les pays où il avait été exproprié formulées par le FMI, l’Union Européenne et ses directives, ont exigé la « balkanisation » des peuples dans tous les sens du terme, avec toutes ses horreurs. Une balkanisation qui a exigé la désintégration préalable de la classe ouvrière Yougoslave, de ses conquêtes sociales et de son organisation syndicale commune.

C’est une nouvelle fois l’Union Européenne, l’institution qui exige le démantèlement de tous les systèmes de droits collectifs, les systèmes de retraite et de Sécurité sociale dans toute l’Europe, qui se propose de fixer le cadre européen d’intégration du « groupe » des Roms. Elle le fait dans le cadre de la mise en place d’une politique « d’immigration maîtrisée » capable de fournir au capital la main d'oeuvre bon marché conforme aux exigences de la baisse de la valeur de la force de travail.

Ce sont les institutions anti-démocratiques de la Vème République qui permettent à ce gouvernement totalement discrédité de continuer sa besogne sous la dictée de l'UE et du FMI.


Sauver la République une et indivisible, c'est d'abord et avant tout sauver l'ensemble des conquêtes sociales qui garantissent la solidarité et l'égalité des droits : sécurité sociale, régimes de retraites, code du travail, conventions collectives, statuts ...


Plus que jamais, tout se concentre dans la mobilisation du 7 septembre pour le retrait du projet de réforme des retraites, contre la logique des amendements qui prépare le vote de la loi.

samedi 19 juin 2010

La manifestation du 15 juin à Paris contre la réforme des retraites

70 000 travailleurs ont manifesté le 15 juin à Paris, à l’appel de la confédération Force ouvrière, pour le retrait du projet gouvernemental sur les retraites
De République à Nation, un cri a uni tous les manifestants : “Retrait !”

Reportage de Laurence Fayard
et Albert Dal Pozzolo
Texte extrait du journal Informations Ouvrières.

Un immense cortège a rempli les Grands
Boulevards de la place de la République à la
place de la Nation. Un flot de manifestants
défilant sous des milliers de banderoles de
leurs unions départementales et de leurs
syndicats. Ils sont venus en trains et en bus
de toute la France, comme les 800 salariés
de Moselle ou les 1 200 employés territoriaux
de Marseille. Pour un syndiqué : « On montre
qu’on est un syndicat à part entière. » Le système
de retraites, ils y tiennent tous, qu’ils
soient du public ou du privé. « Ce que je n’admets
pas, dit un manifestant, c’est qu’ils touchent
à tout : à la fonction publique comme
au privé. » Effectivement, dans ce flot de
manifestants, travailleurs du privé comme
fonctionnaires d’Etat ou territoriaux sont au
coude à coude pour défendre leurs systèmes
de retraites et leurs statuts. Une salariée des
territoriaux de Marseille déclare : « On est
1 200, on a mobilisé toutes les écoles de Marseille,
il n’y a aucune cantine ouverte aujourd’hui.
Il n’y a que comme ça qu’on peut faire
bouger le gouvernement, peut-être par une
mobilisation dans la durée. On va persister
jusqu’au bout, parce que, sinon, on va finir
dans la cour avec le déambulateur. Il y en a
marre. »
Ils sont tous révoltés et ne veulent pas de
réforme. Pour un manifestant travaillant
dans la restauration : « Je suis usé, j’ai mérité
ma retraite à l’heure H avec le même nombre
de trimestres cotisés qu’aujourd’hui. » Pour
cet autre, métallo travaillant pour un soustraitant
automobile : « J’ai commencé à
16 ans, je ne veux pas partir ni à 62, 63 ou 65
ans. En plus de la retraite, il y a le problème
de l’emploi : on était 500 en 2006 pour passer
à 200 aujourd’hui. »
LES OBSTACLES À L’UNITÉ PEUVENT ÊTRE LEVÉS
« On se bat pour le retrait, je n’ai pas envie
d’aller jusqu’à 65 ans », dit un autre manifestant.
Ce sentiment est clairement partagé
par tous. Tous savent que, le lendemain, le
gouvernement va présenter son projet de
loi. Alors, comment faire ? Faire la grève pour
le retrait du plan est dans toutes les têtes :
« Il faudrait un mouvement fort et qui dure,
sinon on accompagne le gouvernement jusqu’au
vote de la loi. » « A Marseille, on est prêt
à s’arrêter généralement, plutôt que de faire
des journées d’action. » « On se battra jusqu’au
bout », martèlent des manifestants.
Enfin, un salarié de l’hôpital de Niort souligne
: « L’exigence de retrait du projet du gouvernement,
c’est ce qui peut être un facteur
d’unité et de force pour faire plier et bloquer
le gouvernement. Il y a une exigence d’unité
des salariés qui doit être prise en compte par
toutes les directions syndicales, afin que l’action
commune pour le retrait du plan soit ef -
fective. Si les organisations syndicales sont
unies, on peut les faire plier. Parce que demain,
c’est la Sécurité sociale, c’est le début d’un processus
destructeur qui va s’amplifier si jamais
on ne les bloque pas avant. »
Un manifestant fait remarquer : « Il vaut
mieux discuter avec la CGT qu’avec le gouvernement.
Il a deux CGT : celle du terrain,
avec qui on est d’accord, et celle de Bernard
Thibault. »
Effectivement, les obstacles à l’unité peuvent
être levés, car chez les syndiqués, chez
les travailleurs, la volonté existe de les surmonter
: « L’unité à la base avec la CGT, c’est
pas compliqué à partir du moment où l’on
se bat pour le retrait », explique une infirmière.
Pour preuve, ce que dit cet ouvrier
hospitalier de l’AP-HP, militant de la CGT :
« Je me retrouve tout à fait dans les mots
d’ordre de FO : retrait du projet de réforme
des retraites. Actuellement, on parle beaucoup
des 60 ans, pour moi, c’est une revendication
tellement partielle qu’elle entache
d’irrégularité la véritable revendication. Si
on ne rajoute pas l’arrêt de la rallonge des
annuités, ce n’est plus une véritable revendication.
Le 24 juin, il y a une manifestation
qui, malheureusement, se fait avec la CFDT,
je ne me retrouve pas dans l’appel. Pour moi,
le mot d’ordre de retrait du projet de réformes
des retraites englobe tout. »
Et puis, c’est le souci permanent de s’unir
sur des revendications claires : « On ne veut
Photos Informations ouvrières
Dans la manifestation du 15 juin, à Paris.
pas que l’augmentation du nombre d’annuités
passe. Le maintien des 60 ans va
de pair avec une durée de cotisation qui
n’augmente pas. »
C’est une revendication forte, à tel point
qu’un travailleur d’Aéroports de Paris
s’exclame : « Comment Chérèque peutil
accepter l’augmentation de la durée
de cotisation ? Dans mes pires cauchemars,
je n’aurais pas pu imaginer cela ! »
Encore une fois, ce qui unit c’est : une
durée de cotisation qui n’augmente pas,
le maintien des 60 ans et du Code des
pensions civiles et militaires, autrement
dit le retrait du plan du gouvernement.
C’est ce qu’affirme ce salarié de la chimie
dans le Nord : « Aujourd’hui, c’est
pour moi une des premières batailles, il
y en aura d’autres. Ce n’est pas très lisible
pour un salarié de comprendre que les
organisations syndicales ne soient pas
unies. Maintenant, c’est à nous, responsables
syndicaux dans les entreprises,
d’expliquer pourquoi il y a des différences.
Nos collègues de la CFDT ont un
problème d’arithmétique, tant qu’ils ne
l’auront pas résolu, ça va être difficile
de trouver des bases communes. Non à
l’allongement de la durée de cotisation,
c’est la revendication de base. Je crois
qu’on va se retrouver un peu dans le même
esprit qu’avec le CPE, c’est-à-dire qu’il
va falloir se battre maintenant pour le
retrait pur et simple de la loi, ça pourrait
faire un mot d’ordre commun. »
Cette parole de manifestant résume
bien les enjeux. ■

Retraites : retrait du plan du gouvernement

Le gouvernement vient de publier son plan contre les retraites, qui doit être adopté le 13 juillet au Conseil des ministres.

Toutes les retraites sont attaquées.

- « Porter l’âge légal de droit commun à 62 ans en 2018. »
- « Relever l’âge d’ouverture des droits dans la fonction publique et dans les régimes spéciaux. »
- « Augmenter parallèlement de deux ans l’âge d’annulation de la décote. »
- « Appliquer le principe d’une augmentation de la durée de cotisation en fonction de l’espérance de vie jusqu’en 2020, conformément à la loi de 2003 ». La durée de cotisations devrait être de 41,5 ans en 2020.
- Le plan prévoit, au nom de « la convergence entre les régimes publics et privés » : « Alignement du taux de cotisation du public sur celui du privé : passage de 7,85 % à 10,55 %. » Soit une baisse généralisée de 3% des salaires des fonctionnaires.
- « Fermeture du dispositif des départs anticipés pour les parents de 3 enfants ayant quinze ans de service ».
Voilà comment le gouvernement, qui s’est engagé aux économies pour revenir aux critères de Maastricht d’ici à 2013, veut récupérer les 100 milliards donnés aux banques et aux spéculateurs pour sauver l’euro !
Des entreprises, des services, des bureaux, monte une seule exigence :
RETRAIT DU PLAN GOUVERNEMENTAL !
Les travailleurs du public et du privé exigent :
MAINTIEN de l’âge légal de départ en retraite à 60 ans,
AUCUN allongement de la durée de cotisation,
MAINTIEN du Code des pensions civiles et militaires et des régimes spéciaux
Les travailleurs sont prêts. Il savent que le retrait peut être arraché par l’action unie sur cette exigence, par la grève générale interprofessionnelle dans l’unité.
Pourquoi les dirigeants des partis se réclamant du mouvement ouvrier, des acquis sociaux, se refusent-ils à exiger le retrait du plan gouvernemental ?


Dans Informations ouvrières cette semaine :
- 70 000 travailleurs ont manifesté à Paris le 15 juin à l’appel de la CGT-Force ouvrière. Reportages.
- Interviews de responsables de la CGT, de la FSU, du SNETAA, de FO : comment faire reculer le gouvernement Sarkozy ?
- A Berlin, le 19 juin, rencontre de militants ouvriers de tous les pays d’Europe ; dans tous les pays, l’Union européenne impose les mêmes plans d’austérité contre les travailleurs, les populations.

mardi 8 juin 2010

La position du POI après la réunion de son bureau national

Réuni le lundi 31 mai, le Secrétariat permanent a
poursuivi la discussion engagée au Bureau national du
29 et réfléchi à la mise en oeuvre des décisions de ce
Bureau national. Celui-ci, on le sait, a donc décidé
d’engager conjointement la campagne d’adhésions et de
renforcement du POI (voir la résolution et la campagne
des 8000 abonnements durant tout l’été pour
Informations ouvrières). Ces deux objectifs reliés entre
eux supposent la plus grande clarté sur ce qu’est la
position du POI.
1/ Rappelons le cadre. Dans le document d’orientation
sur la réforme des retraites que le gouvernement a rendu
public il y a deux semaines, l’introduction fixe ce cadre :
« Dans son rapport du 14 avril dernier, le Conseil
d’orientation des retraites (COR), organisme
indépendant qui associe notamment les partenaires
sociaux ainsi que des parlementaires de la majorité
comme de l’opposition, a dressé un constat sans appel
des conséquences de ce défi démographique. Si nous ne
faisons rien, nos régimes de retraites seront confrontés à
des niveaux de déficits à peine concevables. »
L’alternative est clairement posée :
- Ou bien le consensus (« Si nous ne faisons rien,
nos régimes nos régimes de retraites seront
confrontés à des niveaux de déficits à peine
concevables» ),. Donc tout le monde doit être lié.
La base du consensus, c’est que la réforme est
nécessaire.
- Ou bien l’indépendance de classe. C’est le mot
d’ordre « ne touchez pas à nos retraites, aucun
consensus, retrait du projet du gouvernement ».
2/ Au lendemain du 27 mai, toute la situation se
concentre sur la réponse à la question suivante : est-ce
que « tout est plié » ou pas ?
Au lendemain du 27, medias et commentateurs ont
martelé le thème de la « résignation », qui, paraît-il,
serait celle des travailleurs. Puis ils ont développé l’idée
selon laquelle rien ne se passerait avant septembre. Puis
le Journal du Dimanche publie cette page entièrement
consacrée à l’opération « référendum ». On y apprend
que Ségolène Royal, mais aussi Pierre Mauroy et
d’autres dirigeants du PS, mais aussi des Verts, ou
encore Jean-Luc Mélenchon, envisagent de lancer une
campagne pour un référendum pour la retraite à 60
ans… Cette opération recèle un piège pour la classe
ouvrière.
Informations ouvrières qui sort sur mercredi 2 juin
revient longuement sur l’historique de ce qui s’est passé
à la Poste. Il y a eu d’abord la grève massive de postiers
contre la privatisation, puis la Commission Ailleret, à
laquelle participaient les organisations syndicales pour
définir les conditions d’ouverture à la concurrence, puis
la grande opération du Comité pour la votation avec les
cartes postales. Et c’est ainsi que les organisations
syndicales, acceptant de se subordonner au cadre
politique du comité pour la « votation », regroupant les
« grands partis de gauche et d’extrême-gauche » - PS,
PCF, PG, NPA …- ont accepté de renoncer à jouer leur
rôle dans l’organisation de la grève pour la défense du
statut, contre la privatisation. Avec les conséquences que
l’on connaît au bout du bout : la loi de privatisation est
passée.
De toute évidence, c’est un scénario de ce type qu’on
voudrait nous ressortir aujourd’hui sur les retraites.
Renonçant à leurs prérogatives, et en particulier la
prérogative de la grève pour bloquer le gouvernement,
les organisations syndicales seraient enchaînées au cadre
« politico-syndical » qui petit à petit, à coup de cartes
postales et de votations, accompagnerait le
démantèlement des régimes de retraite.
Ce qui se combine au fait de centrer la revendication sur
« la défense de la retraite à 60 ans ». Une telle
proposition participe de l’escamotage de la question
centrale, à savoir que le gouvernement veut allonger la
durée des cotisations. Et cela débouche sur un appel à
débattre sur une « bonne » réforme des retraites, au lieu
d’organiser le combat pour l’unité pour le retrait du
projet du gouvernement, notamment à l’occasion de
meetings dans lesquels Mélenchon, Besancenot, Marie-
George Buffet, les dirigeants de la « gauche du PS »,
mais aussi les représentants syndicaux, sont d’ores et
déjà annoncés à Toulouse, Marseille, etc.
3/ C’est dans ce contexte que l’on apprend la décision
par les organisateurs de l’intersyndicale de refaire
l’opération du 27 mai, en pire, le 24 juin. Du plan
gouvernemental, le communiqué commun
CGT/CFDT/FSU/Solidaires/UNSA ne retient que « la
remise en cause de l’âge légal à 60 ans (…)
inacceptable et injuste » et l’intersyndicale regrette que
« les orientations du gouvernement ignorent l’essentiel
des exigences formulées par les organisations
syndicales » . L’AFP interroge : « Grève ou
manifestation ? Les syndicats doivent encore se réunir le
14 juin pour « affiner » les modalités de la nouvelle
journée de mobilisation. » Au gouvernement, les
syndicats qui appellent au 24 juin reprochent qu’il
« écarte toute idée d’un véritable débat ». Bref, journée
d’action sans grève, écartant les mots d’ordre essentiels
concernant l’allongement de la durée de cotisation et la
défense du Code des pensions et des régimes spéciaux.
Le journal patronal Les Échos se félicite :
« L’intersyndicale souffre aussi de ses divisions sur le
fond du dossier : son projet de plate-forme commune de
revendications est au point mort, pour ne pas dire
enterré. »
Il est vrai qu’un dispositif se met en place, qui vise à
barrer la route de l’action indépendante de la classe
ouvrière sur son terrain de classe (la grève) pour bloquer
les plans du gouvernement.
4/ Le POI n’a et ne peut avoir aucune place dans une
opération qui vise à accompagner le « débat » avec le
gouvernement et à annihiler les prérogatives des
organisations syndicales. Et nous comprenons
parfaitement que les appareils qui se prêtent à ces
manoeuvres seraient fort intéressés à nous y associer.
C’est ainsi que par exemple dans une localité, les
camarades d’un comité du POI ont participé à la
discussion avec différents partis se réclamant de la
classe ouvrière pour chercher à définir un appel
commun.
Ils ont permis l’adoption d’un texte, qui, sur nombre de
sujets reprend des mots d’ordre corrects, mais ont été
confrontés au fait qu’au bout du compte, parmi les
signataires figuraient côte à côte à la fois des
organisations politiques et… l’UL CGT.
Immédiatement, l’Humanité cite cet appel pour s’en
féliciter et souligne qu’au-delà des signataires habituels
de l’appel Copernic, l’appel associe ici de « nouveaux
amis », citant expressément le POI. Chacun comprend
ce que cela veut dire. Involontairement, nous nous
sommes trouvés ici entraînés vers une politique qui n’est
pas la nôtre.
5/ La politique du POI se concentre sur les deux plans
que nous avons déjà évoqués : respectueux de
l’indépendance des organisations syndicales les
adhérents du POI n’en sont pas moins attachés à
accomplir et remplir scrupuleusement le mandat qui leur
a été confié par les syndiqués. Comme cela a été signalé
lors du meeting de la Mutualité, les adhérents du POI
membres de FO combattent avec acharnement pour le
succès du 15 juin. Tandis que les adhérents du POI
membres d’autres confédérations sont partie prenante
des discussions qui au sein de ces confédérations
amènent les travailleurs à poser toutes les questions de
l’unité et de la division, de l’action de classe unie et
efficace à l’encontre des politiques de journées sautemouton,
sur des plates-formes limitées aux 60 ans , dans
l’objectif évident de ne pas froisser la sensibilité de la
CFDT qui a donné son accord au gouvernement sur la
question de l’allongement de la durée de cotisation.
6/ Sur le plan politique, la politique du POI se concentre
dans l’appel du 24 avril : aucun consensus avec Sarkozy,
retrait du projet du gouvernement.
L’appel adopté au meeting parisien du 28 mai se
concentre sur l’exigence politique du retrait du projet. Il
se conclut ainsi :
« De ce meeting, nous nous adressons aux partis qui se
réclament de la classe ouvrière et de la démocratie.
Chacun a ses positions. Pour notre part, nous menons
campagne pour :
- Aucune contre-réforme des retraites
- Aucune remise en cause de l’âge légal de départ à la
retraite à 60 ans.
- Aucune augmentation de la durée de cotisation.
- Aucune remise en cause du Code des pensions civiles
et militaires et des régimes spéciaux.
Mais pour bloquer l’offensive qui remet en cause la vie
de dizaines de millions de travailleurs, il faut que tous
les partis qui se réclament du mouvement ouvrier et de
la démocratie adressent d’une même voix, un ultimatum
au gouvernement, pour exiger : Retrait du projet du
gouvernement ! »
Levons une équivoque possible. L’unité des partis pour
le retrait n’est pas la condition du combat victorieux.
Si tel était le cas, cela reviendrait à dire qu’il n’y a rien à
faire, puisque dans le contexte actuel, et au regard des
positions adoptées aussi bien par Martine Aubry dans sa
convention (« elle veut laisser ouvertes toutes les pistes
pour la réforme des retraites ») que par les dirigeants du
PC, du NPA, etc, une telle unité est pour le moins
improbable.
Le sens de cette formulation ne vise pas non plus à
s’adresser aux dirigeants de ces partis pour les prier de
bien vouloir réaliser l’unité (nous ne préparons
nullement l’organisation de délégation en ce sens).
Cet appel vise à permettre la discussion avec les
adhérents de ces partis, leurs sympathisants, leurs
électeurs, de manière à attirer leur attention sur ce qui
est l’obstacle majeur pour la classe ouvrière : le fait que
les dirigeants des partis qui se réclament théoriquement
du mouvement ouvrier, loin de s’opposer à la contreréforme,
loin d’avancer l’exigence du retrait, mettent en
place un dispositif d’accompagnement sous diverses
formes évoquées plus haut.
C’est donc l’engagement de cette discussion que vise cet
appel, permettant là où c’est possible de constituer des
comités « pour l’unité, contre le consensus, et pour le
retrait de la réforme », comités qui, sous une forme
adaptée, seront amenés à formuler ces questions.
Et cela vaut y compris lorsque nous sommes sollicités
pour participer à des discussions avec les représentants
de divers partis, discussions où il nous revient, sous une
forme adaptée, d’interpeller les uns et les autres sur cette
question cruciale : en refusant de se prononcer pour le
retrait du projet du gouvernement, en organisant des
« débats sur la réforme nécessaire », les « partis de
gauche » n’apportent-ils pas au gouvernement Sarkozy-
Fillon l’appui qui lui permet d’aller jusqu’au bout dans
sa contre-réforme ? N’est-ce pas cette recherche d’un
consensus qu’il faut briser ?
Ce sont ces éléments de discussion
politique que les comités et adhérents du POI
peuvent soumettre à la discussion avec les militants
et travailleurs autour de nous, ceux qui combattent
pour bloquer tout consensus sur les retraites, afin de
leur proposer la lecture, l’achat et
l’abonnement à Informations ouvrières dans lequel ils
retrouveront, semaine après semaine, cette
argumentation tournée vers l’aide au combat.

mardi 1 juin 2010

Appel du 28 Mai à la Mutualité

Appel du meeting des comités pour l’unité rassemblant des travailleurs,des syndicalistes et des militants PS, PCF, PG et le POI.

Nous, travailleurs, militants, jeunes, actifs et retraités, rassemblés à la Mutualité, à Paris, ce 28 mai 2010, dans le meeting pour « NE TOUCHEZ PAS À NOS RETRAITES ! AUCUN CONSENSUS AVEC LE GOUVERNEMENT », après avoir entendu les interventions à la tribune de :
Fatia Bensaïd (conseillère municipale socialiste de Seynoz, 74), Jean Delarue (conseiller municipal des Mureaux,78)
Daniel Bernard (Parti de gauche, deuxième adjoint au maire de Bagnolet,93),
André Yon (adjoint au maire de Boissy-Saint-Léger, 94),
Jean Markun, Gérard Schivardi, Daniel Gluckstein, secrétaires nationaux du POI,
et une communication de Marianne Longuet, secrétaire de la section PCF de Montereau (77).


Nous affirmons :
Les travailleurs et, avec eux, l’écrasante majorité de la population, rejettent l’attaque lancée par le gouvernement contre nos régimes de retraite.
Le gouvernement, pour faire passer sa contre-réforme, recherche ce qu’il appelle lui-même un « consensus ».
Il en appelle à un prétendu débat pour accréditer l’idée d’une réforme inévitable.
Il annonce le dépôt de son projet de loi pour le 20 juin.


Mais déjà, tout le monde sait que ce dernier comprendra :
LA REMISE EN CAUSE DE L’ÂGE LÉGAL DE DÉPART À LA RETRAITE À 60 ANS ;
L’ALLONGEMENT DE LA DURÉE DE COTISATION ;
LA REMISE EN CAUSE DU CODE DES PENSIONS ET DES RÉGIMES SPÉCIAUX.


Contrairement à ce dont on voudrait nous convaincre, rien n’est joué. Il est possible et nécessaire de faire reculer le gouvernement. Les travailleurs sont prêts.
C’est maintenant, c’est tout de suite qu’il faut bloquer l’offensive gouvernementale destructrice de nos droits.
De ce meeting, nous nous adressons aux partis qui se réclament de la classe ouvrière et de la démocratie.


Chacun a ses positions. Pour notre part, nous menons campagne pour :
AUCUNE CONTRE-RÉFORME DES RETRAITES.
AUCUNE REMISE EN CAUSE DE L’ÂGE LÉGAL DE DÉPART À LA RETRAITE À 60 ANS.
AUCUNE AUGMENTATION DE LA DURÉE DE COTISATION.
AUCUNE REMISE EN CAUSE DU CODE DES PENSIONS CIVILES ET MILITAIRES ET DES RÉGIMES SPÉCIAUX.


Mais pour bloquer l’offensive qui remet en cause la vie de dizaines de millions de travailleurs, il faut que tous les partis qui se réclament du mouvement ouvrier et de la démocratie adressent, d’une même voix, un ultimatum au gouvernement, pour exiger :
RETRAIT DU PROJET DU GOUVERNEMENT !

28 mai 2010 - Paris

samedi 29 mai 2010

Rencontre du POI 06 avec Copernic

Début Mai, deux camarades du POI 06 ont assisté à une réunion du collectif Copernic au Cannet sur la défense des retraites.

Rappel: Le POI à lancer depuis plusieurs mois déjà une campagne nationale contre le projet de réforme des retraites du gouvernement Sarkozy. Pour le POI nul n'est besoin de réformer le système par répartition, il faut:
- Lever les exonérations de cotisations sociales dont bénéficie le patronat (30 Milliards d'euros) !
- Lever la défiscalisation des heures supplémentaires !
- Supprimer les cadeaux fiscaux aux plus riches du gouvernement Sarkosy !
Nos retraites on n'y touche pas, non au consensus avec ce gouvernement.
Soucieux d'aider le mouvement ouvrier dans son ensemble à lutter contre les attaques de plus en plus fortes du système capitaliste à bout de souffle contre ses acquis sociaux, le POI organise des comités de défense des retraites et participe à faire l'unité avec toutes les forces de gauche désireuses de s'opposer à la réforme du gouvernement Sarkozy.

C'est dans ce cadre que nos deux camarades du POI 06 ont rencontré ceux du comité Copernic.
La discussion fut riche, engagée et motivante.
Des camarades de tous bords s'exprimèrent: NPA, PS, ATTAC, Syndicalistes.
Nos camarades du POI entendirent les idées des participants pour lutter contre la réforme de Sarkozy, comme la votation, l'envoi massif de cartes postales signées avec des slogans et des idées pour sauver les retraites.
Néanmoins, ils exprimèrent avec fermeté les points suivant , important pour le POI:
- La votation ne suffit pas à faire reculer ce gouvernement, comme on l'a vu pour la Poste
- L'appel à la grève générale sur l'unique thème des retraites reste le seul moyen de faire plier le gouvernement
- L'idée de taxer les revenus du capital pour financer les retraites est une fausse bonne idée car elle fait dépendre les retraites de la bonne santé du système capitaliste au nom duquel actuellement on demande aux peuples de faire des sacrifices ! c'est le serpent qui se mord la queue.
A la fin de la discussion, les camarades du POI remercient les membres du comité pour leur accueil et décident de rester en contact pour le combat contre la réforme des retraites.

Le POI informe : Le gouvernement abat ses cartes !

Le plan du gouvernement contre les retraites a été rendu public. Sur cette base, il prépare son projet de loi qui devrait être adopté en Conseil des ministres début juillet.

C’est la totale !
- Augmentation de la durée de cotisation.
- Recul de l’âge légal de départ à la retraite.
- Remise en cause du code des pensions et des régimes spéciaux.
- Amputation des salaires des fonctionnaires…


Et ce n’est qu’un début ! En l’espace de quelques jours, le gouvernement a offert près de 100 milliards d’euros pour « renflouer la monnaie unique européenne » avant de chiffrer à 100 milliards d’euros les « économies » à réaliser pour revenir aux critères de Maastricht d’ici à 2013.

Jamais les choses n’ont été aussi claires ! Qu’y a-t-il à débattre ? Rien ! Un seul mot d’ordre devrait unir les organisations ouvrières : Retrait du plan Sarkozy Fillon ! Nos retraites, n’y touchez pas !

Il y a quelques jours, les travailleurs grecs défilaient sur les mots d’ordre « Dehors, le FMI, Dehors, l’Union européenne ! »

Pour le Parti ouvrier indépendant, c’est une certitude : l’issue conforme à la démocratie exigera un gouvernement de rupture avec l’Union européenne et avec le Fonds monétaire international ; un gouvernement qui prendra les mesures d’urgence et de sauvegarde de la classe ouvrière, de la jeunesse et de la démocratie.

Une telle issue passe, dans une première étape, par le rassemblement des forces sur le terrain de classe pour bloquer le cours destructeur du gouvernement Sarkozy, lui refuser tout consensus et imposer, maintenant, le retrait du plan ! A l’appel des comités pour l’unité « ne touchez pas à nos retraites, aucun consensus avec le gouvernement Sarkozy ».


meeting vendredi 28 mai A 20 heures à la Mutualité 24, rue Saint-Victor Paris Ve – métro Maubert-Mutualité

Y prendront la parole des militants du PCF, du PS, du Parti de gauche, du POI, et des syndicalistes.

mardi 4 mai 2010

Conseil fédéral national, 24 et 25 avril

Une déclaration du POI:

Le Parti ouvrier indépendant porte à la connaissance de tous l’appel adopté par des militants ouvriers de
toutes tendances réunis ce 24 avril à Paris qui proposent de constituer dans tout le pays des comités pour
l’unité sur le mot d’ordre : « Ne touchez pas à nos retraites ! Aucun consensus avec Sarkozy ! » et de convoquer
desmeetings politiques sur cette orientation.
Cet appel est l’expression d’une volonté politique, qui s’affirme chaque jour avec plus de force : celle de réaliser
l’unité pour imposer la rupture avec toute politique de consensus avec ce gouvernement et ses contreréformes.
Pour le Parti ouvrier indépendant, le combat contre le consensus autour de la contre-réforme des retraites
s’inscrit dans un cadre plus vaste. En effet, dans toute l’Europe, les travailleurs et leurs organisations sont
confrontés à la tentative des gouvernements de les enfermer dans un consensus destiné à imposer les contreréformes.
C’est un fait : l’attaque contre les régimes de retraite est à l’ordre du jour en France mais aussi en Espagne,
au Portugal, en Grande-Bretagne, en Allemagne et aux États-Unis. Dans tous les grands pays capitalistes, les
gouvernements en place veulent récupérer sur les retraites ouvrières lesmilliards engloutis dans la spéculation
et le renflouement des banquiers et capitalistes faillis.
C’est un fait : dans tous les pays de l’Union européenne et d’Amérique du Nord, lesmêmes arguments - démographie,
prétendus déficits - sont brandis pour justifier que l’on allonge le temps de cotisation, que l’on
retarde l’âge de départ à la retraite, que l’on diminue les pensions. En réalité, les gouvernements le reconnaissent
eux-mêmes : la véritablemotivation des attaques contre les retraites c’est de répondre aux exigences
des agences de notation des spéculateurs.
Dans tous ces pays, comme en France, les travailleurs s’interrogent. Combien de temps encore les partis qui
sont issus historiquement dumouvement ouvrier vont-ils prendre la responsabilité des contre-réformes frappant
la classe ouvrière et la population quand ils sont au gouvernement ou quand ils le soutiennent, comme
en Grèce, en Grande-Bretagne, en Espagne ou au Portugal ? Combien de temps encore ces partis quand ils
sont dans l’opposition (comme en France), vont-ils accepter le cadre fixé par l’Union européenne en entrant
dans le prétendu débat sur les prétendus déficits…? Ce qui les conduit tout droit à formuler des propositions
qui au bout du comptemettent en cause les retraites.
Pour autant, le Parti ouvrier indépendant ne saurait renoncer à combattre pour l’unité la plus large contre les
plans destructeurs du gouvernement Sarkozy, unité à laquelle aspire l’immense majorité des travailleurs
comme l’immensemajorité desmilitants de ces partis.
Mais l’unité suppose indépendance vis-à-vis des patrons et du gouvernement. Et c’est à cette indépendance
que lamajorité des travailleurs est attachée. Il est inconcevable pour eux qu’au plan politique, les partis qui
se réclament dumouvement ouvrier légitiment le prétendu « débat » sur les retraites, car c’est aider le gouvernement
à tendre un piège aux organisations syndicales sommées de participer à l’élaboration de la contreréforme.
Voilà pourquoi il est vital d’agir contre lamise en place d’un tel consensus.
Et cela, qu’il s’agisse de la contre-réforme des retraites où d’autres questionsmajeures pour la cause ouvrière
et démocratique.

Pour la masse de la population, il est incompréhensible qu’à la tête des régions et des départements qu’ils
gèrent, les élus de ces partis remettent en cause les services publics, privatisent, alourdissent l’imposition locale,
diminuent les emplois de personnels territoriaux. Autant demesures qu’ils disent condamner lorsqu’il
s’agit de la réforme territoriale du gouvernement Sarkozymais qu’ils appliquent sur le terrain.
Force est de constater qu’en s’opposant à la proposition de réaliser l’unité pour imposer à ce gouvernement
« l’interdiction des licenciements » les élus de ces partis participent de fait - singulièrement au niveau des régions
et des départements - aux plans d’accompagnement de suppression d’emplois.
Le Parti ouvrier indépendant ne prétend pas défendre d’intérêts particuliers, distincts de ceux de toute la
classe ouvrière. Pour nous, il s’agit d’aider au plan politique les travailleurs des villes et des campagnes à forger
eux-mêmes, avec leurs organisations, les conditions du combat uni et victorieux qui fera reculer le gouvernement.
Tel est le sens de la campagne politique engagée contre le consensus sur la question des retraites. Tel est le
sens de la campagne politique engagée contre le consensus sur la réforme territoriale dans l’unité avec des
maires de toutes tendances et de toutes origines. Tel est le sens de la participation du Parti ouvrier indépendant
à la rencontre ouvrière qui se tiendra à Berlin au mois de juin et qui affirmera, contre l’Union européenne
du traité de Maastricht, de l’euro et de la BCE, la nécessité pour les travailleurs d’Europe d’ouvrir la
voie de leur propre survie comme classe contre l’effondrement qui, de laGrèce à l’Islande, s’étend aujourd’hui
à toute l’Europe,menace tous les pays et toutes les économies d’êtremises sous tutelle du Fondsmonétaire
international, de la Banquemondiale et de la Banque centrale européenne.
Constitué en juin 2008, le Parti ouvrier indépendant est un parti de lutte de classe qui combat pour la démocratie
et le socialisme. En cette période difficile pour la classe ouvrière, l’édification d’un parti dédié exclusivement
à la défense de ses intérêts de classe en toute indépendance n’est-elle pas une contribution
nécessaire pour aider l’ensemble des travailleurs à rassembler leurs forces ?
Voilà pourquoi, tout en invitant travailleurs, militants, jeunes, actifs ou retraités, à s’engager sans réserve et
sans condition dans le combat pour l’unité contre le consensus pour sauver les retraites, le POI appelle celles
et ceux qui partagent ses objectifs à rejoindre le combat entrepris pour doter la classe ouvrière de ce pays
d’un parti authentiquement consacré à la seule défense de ses intérêts de classe et à l’aide nécessaire à la
réalisation de sa victoire.
Rejoignez le Parti ouvrier indépendant.